puissent être attribuées qu’à un être capable de les recevoir n’est qu’une prétention gratuite, une simple convention que vous avez fabriquée. En effet, Allah, exalté soit-Il, a qualifié les idoles de « morts » et leur a nié toute vie : « Ceux qu’ils invoquent en dehors d’Allah ne créent rien alors qu’ils sont eux-mêmes créés ; morts, dépourvus de vie » (Les Abeilles, 16 : 20-21). Or ils adorent des arbres, des pierres et autres objets semblables ; leur thèse se trouve donc invalidée par le texte coranique.
Quant à leur autre affirmation – si nous disons qu’Allah est Vivant, nous Le comparerions aux vivants, et si nous disons qu’Il est mort, nous Le comparerions aux morts – nous leur répondons qu’avec ce raisonnement ils L’assimilent en réalité aux choses inanimées. Car, puisque vous soutenez qu’Il n’est réceptif ni à la vie ni à la mort, à l’instar de la pierre, vous L’avez réduit au rang d’un simple corps inerte.
Poursuivons : admettons, pour les besoins de la discussion, que nous vous accordions cela. Vous déclarez ensuite qu’il n’est pas permis de dire qu’Allah existe ni qu’Il n’existe pas. Ainsi, vous Lui refusez à la fois l’existence et la non-existence, ce qui est impossible selon l’accord unanime des gens doués de raison, car l’existence et le néant sont deux contraires ; si l’un est nié, l’autre s’impose nécessairement. Or vous soutenez qu’il est illicite de dire : « Allah existe », tout comme il est illicite de dire : « Allah n’existe pas » ; selon vous, affirmer l’un ou l’autre relève de l’ilḥâd. C’est une position irrationnelle, et vous L’assimilez alors aux impossibilités mêmes, à ce dont l’existence est inconcevable.
Tel est le dogme des bāṭinites au sujet d’Allah : ils estiment qu’il est impossible de Lui affirmer ni nom ni signification et préfèrent Lui refuser les deux contraires.
Les autres – les muʿtazilites et certains littéralistes qui poussent à l’excès l’affirmation