Commentaire
Il fallait nécessairement en arriver là : que les Successeurs aient, plus que les Compagnons, recours à la déduction et à l’inférence est inévitable et indispensable. Après l’époque du Messager — paix et salut sur lui —, sont apparues des situations inédites. Or, chaque fois qu’un fait nouveau surgit sans qu’un texte précis du Livre d’Allah ou de la sunna ne le vise nommément, les savants de la génération concernée doivent impérativement exercer leur faculté de raisonnement et de déduction pour le ramener aux principes du Livre et de la sunna. En effet, le Livre et la sunna n’ont pas abordé une par une toutes les questions qui se présenteront jusqu’au Jour de la Résurrection.
Si cela avait été le cas, le recueil coranique serait cent fois plus volumineux qu’il ne l’est, et l’on y trouverait bien des choses que les premiers auditeurs n’auraient pas comprises. Imaginez qu’on eût parlé, à l’époque des Compagnons, des chèques, des banques ou des assurances : de telles notions leur étaient étrangères. Aujourd’hui, en revanche, chaque nouveauté qui voit le jour offre aux savants musulmans l’occasion d’un examen, d’un raisonnement et d’une déduction que leurs prédécesseurs n’avaient pas, afin de l’inscrire dans le cadre exigé par le Livre d’Allah et la sunna de Son Messager.