Elle fait défaut chez celui qui ne connaît pas le sens du Coran et ne s’en laisse pas exhorter.
C’est pourquoi les désaccords entre les Compagnons au sujet de l’exégèse coranique furent extrêmement rares. Ils furent certes un peu plus nombreux chez les Successeurs, mais restèrent peu importants comparés à ceux des générations ultérieures ; plus la période est noble, plus l’union, la concorde, la science et la clarté d’expression y abondent.
Commentaire
Si les divergences d’interprétation étaient moindres chez les Compagnons, cela tient à deux raisons :
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Le Coran leur fut révélé dans leur langue demeurée intacte ; ils en comprenaient donc mieux que quiconque les significations et lui rendaient le meilleur service. Par la suite, les parlers ont évolué.
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Les passions étaient rares chez eux et leurs intentions pures ; nul ne défendait son penchant ou son opinion. Chacun ne visait que la vérité : où qu’il la trouvât, il la saisissait. Il arrivait même qu’un calife accepte la vérité rappelée par une simple femme, sans rétorquer : « Je suis le calife, on ne me contredit pas ; je suis plus savant qu’elle », ni : « Le pouvoir m’appartient. »
Pour ces deux raisons, les divergences des Compagnons — qu’Allah les agrée — dans l’explication de la Parole d’Allah furent moindres.
Vint ensuite la génération des Successeurs ; un certain manque apparut, non point attribuable exclusivement à la première ou à la seconde cause. En réalité, les conquêtes se multiplièrent à leur époque, les Arabes se mêlèrent aux non-Arabes et les langues évoluèrent. On rapporte d’ailleurs que le premier traité de grammaire fut rédigé sous le gouvernement de ʿAlî ibn Abî Tâlib — qu’Allah l’agrée.