Ici, le « chemin » est rattaché à Allah, alors que, dans la Fâtiḥa, il est rapporté à d’autres que Lui : « le chemin de ceux que Tu as comblés de Tes bienfaits ». Il n’y a cependant aucune contradiction entre ces deux attributions. Lorsqu’il est attribué à Allah, c’est parce que c’est Lui qui l’a tracé pour Ses serviteurs et parce qu’il mène jusqu’à Lui. Lorsqu’il est attribué aux hommes — « le chemin de ceux que Tu as comblés de Tes bienfaits » — c’est parce qu’ils en sont les adeptes et les voyageurs. Les deux attributions diffèrent donc par leur perspective, si bien qu’il est légitime de l’associer tantôt à l’un, tantôt à l’autre.
Quant à Sa parole : « N’est-ce point vers Allah que retournent toutes les affaires ? », le terme « affaires » (al-umūr) englobe toutes les situations, ici-bas comme dans l’au-delà, qu’elles relèvent de la législation ou de l’ordre cosmique ; tout aboutit en définitive à Allah, qu’Il soit exalté. Les créatures n’ont d’autre recours que leur Seigneur, en toute circonstance, pour leurs affaires religieuses comme pour leurs affaires temporelles, ainsi qu’Il dit : « Sur toute chose au sujet de laquelle vous divergez, le jugement appartient à Allah » (Ash-Shûrâ 10). De même pour l’ordre cosmique : « Dis : “Qui tient dans Sa main la royauté absolue de toute chose ? Il protège et nul ne peut protéger contre Lui, si vous saviez.” — Ils diront : “À Allah.” » (Al-Muʾminûn 88-89).
L’emploi de la particule d’appel « Alâ » — « Écoutez donc ! » — au début de la phrase : « Alâ, vers Allah retournent toutes les affaires » sert d’avertissement soulignant l’importance de l’énoncé, tandis que la mise en tête du complément « vers Allah » marque l’exclusivité : c’est vers Allah, et vers nul autre, que tout revient.
J’ai rédigé cette introduction sous une forme condensée, selon ce qu’Allah — exalté soit-Il — m’a facilité, dictée par l’inspiration du cœur. Et c’est Allah qui guide vers la voie de la droiture.
Explication
L’auteur déclare : « J’ai rédigé cette introduction ». Concernant le terme « muqaddima », on peut