et par cela, nous avons déduit que le Coran n’est pas créé, en nous appuyant sur l’expression « min amrinâ » (issu de Notre ordre). La raison en est que, dans un autre verset, Allah — exalté soit-Il — dit : « N’est-ce pas à Lui qu’appartiennent la création et l’ordre ? »; Il place donc l’« ordre » face à la « création ». Or le Coran relève de l’ordre et non de la création ; il s’ensuit donc clairement que le Coran est incréé.
Quant à Sa parole : « Tu ne savais pas ce qu’étaient le Livre ni la foi », le verbe « tadri » (savoir) demande deux compléments directs qui, ici, sont remplis par l’interrogatif mâ. Dans cette structure, mâ est sujet interrogatif, « le Livre » en est l’attribut, et l’ensemble remplit la fonction des deux objets de « tadri ». Le Messager — que la prière et la paix d’Allah soient sur lui — ignorait donc ce qu’étaient le Livre et la foi avant que la révélation ne lui parvienne.
Puis vient : « Mais Nous en avons fait une lumière par laquelle Nous guidons qui Nous voulons parmi Nos serviteurs. » Autrement dit, Nous avons transformé cet esprit que Nous t’avons révélé en une lumière grâce à laquelle Nous guidons qui Nous voulons. L’expression « qui Nous voulons parmi Nos serviteurs » est générale ; nous ne savons pas qui Allah décidera de guider par le Coran. Toutefois, si l’on se réfère au verset précédent, il apparaît que celui qu’Il guide est celui qui recherche Son agrément parmi Ses serviteurs.
Ensuite : « Et, certes, tu guides vers un chemin droit. » Dans le même passage, Allah dit aussi : « Nous guidons par lui… ». Or il existe une différence entre ces deux guidances. « Nous guidons par lui » renvoie à la guidance de réussite et de faveur — la guidance effective — d’où la tournure directe : « Nous guidons par lui qui… ». En revanche, « tu guides vers un chemin » désigne la guidance d’indication : le Prophète — paix et bénédictions sur lui — montre le chemin d’Allah, mais ce n’est pas lui qui accorde la réussite. Allah dit en effet : « Tu ne guides pas celui que tu aimes » (Al-Qasas 56). Ainsi, bien que le Prophète oriente les gens vers la voie droite, la guidance effective ne dépend pas de lui.
Le Très-Haut conclut : « le chemin d’Allah, à qui appartient ce qui est dans les cieux et sur la terre. »