Sharh Muqaddimat al-Tafsir li-Ibn Taymiyyah - al-UthayminIbn al-'Uthaymin

En définitive, quiconque délaisse la voie des Compagnons et des Successeurs ainsi que leur exégèse pour adopter ce qui s’y oppose se trompe, voire introduit une innovation, fût-il un mujtahid dont l’erreur est, par grâce divine, pardonnée.

Il est d’ailleurs notoire que toute personne contredisant leur parole s’appuie sur un prétexte — tantôt rationnel, tantôt scripturaire — comme cela a été développé ailleurs.

Notre propos, ici, est de signaler la source des divergences en matière d’exégèse : l’une de ses causes majeures réside dans les innovations fallacieuses qui ont poussé leurs adeptes à détourner les termes de leur sens.

Ils ont ainsi interprété la parole de Dieu et celle de Son Messager — paix et bénédictions sur lui — autrement qu’il ne convenait et l’ont soumise à une herméneutique étrangère à son intention.

Quant à ceux qui se méprennent sur la preuve sans se tromper sur la conclusion — tel qu’il en est de nombreux soufis, prédicateurs, juristes, et d’autres encore — ils expliquent le Coran par des significations certes justes, mais que le Coran lui-même n’indique pas.

La méthode la plus sûre consiste donc à commenter le Coran par le Coran ; si cela ne suffit pas, réfère-toi à la sunna.

Ensuite, lorsque nous ne trouvons d’explication ni dans le Coran ni dans la sunna, nous revenons aux propos des Compagnons.

Les récits israélites (isrâʾîliyyât) se répartissent en 3 catégories :

  1. Ceux dont l’authenticité est attestée par ce que nous possédons et qui trouvent dans nos sources un témoignage de véracité ; ceux-là sont acceptés.
  2. Ceux dont la fausseté est avérée par ce que nous détenons, car ils y sont contraires.
  3. Ceux au sujet desquels on garde le silence : ils n’appartiennent ni à la première ni à la seconde catégorie. Nous ne les tenons ni pour vrais ni pour faux, et il est permis de les rapporter, comme on l’a déjà indiqué ; la plupart, toutefois, n’apportent aucun bénéfice sur le plan religieux.
وفي الجملة من عدل عن مذاهب الصحابة والتابعين وتفسيرهم إلى ما يخالف ذلك كان مخطئا في ذلك بل مبتدعاً، وإن كان مجتهداً مغفوراً له خطؤة. ومعلوم أن كل من خالف قولهم له شبهة يذكرها إما عقلية وإما سمعية كما هو مبسوط في موضعه. والمقصود هنا التنبيه على مثار الاختلاف في التفسير وأن من أعظم أسبابه البدع الباطلة التي دعت أهلها إلى أن حرفوا الكلم عن مواضعه. وفسروا كلام الله ورسوله ﷺ بغير ما أريد به وتأولوه على غير تأويله. وأما الذين يخطئون في الدليل لا في المدلول، فمثل كثير من الصوفية والوعاظ والفقهاء وغيرهم، يفسرون القرآن بمعان صحيحة لكن القرآن لا يدل عليها. إن أصح الطرق في ذلك أن يفسر القرآن بالقرآن. فإن أعياك ذلك فعليك بالسنة. وحينئذ إذا لم نجد التفسير في القرآن ولا في السنة رجعنا في ذلك إلي أقوال الصحابة. وهذه الأحاديث الإسرائيلية على ثلاثة أقسام: أحدها: ما علمنا صحته مما بأيدينا مما يشهد له بالصدق، فذاك صحيح. والثاني: ما علمنا كذبه بما عندنا مما يخالفه. والثالث: ما هو مسكوت عنه. لا من هذا القبيل ولا من هذا القبيل، فلا نؤمن به ولا نكذبه، وتجوز حكايته لما تقدم، وغالب ذلك مما لا فائدة فيه تعود إلي أمر ديني.

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