ils peuvent l’être tous deux, soit parce que la révélation est survenue à la suite de l’ensemble de ces circonstances, soit parce qu’elle s’est répétée : une première fois pour telle cause, une seconde pour telle autre.
Ces deux catégories que nous avons signalées dans la diversité de l’exégèse – tantôt due à la variété des noms et des attributs, tantôt au fait de ne mentionner qu’un type ou qu’une section du référent, à la manière d’un exemple – constituent l’essentiel du tafsîr des Pieux Prédécesseurs que l’on croit, à tort, contradictoire.
Une partie des divergences qu’on leur attribue tient au fait que le terme supporte les deux sens : soit parce qu’il est polysémique en arabe, comme qaswara qui peut désigner le tireur ou le lion, ou ʿasʿasa qui renvoie aussi bien à l’arrivée qu’au retrait de la nuit ; soit parce qu’il est, à l’origine, univoque mais que le contexte n’en vise qu’une des deux espèces ou qu’un seul des deux référents, comme les pronoms dans cette parole divine : « Puis il s’approcha et descendit, et se trouva à deux portées d’arc, ou plus près encore » (An-Najm 53 : 8-9).
En vérité, la synonymie parfaite est rare dans la langue, et dans les tournures coraniques elle est soit extrêmement rare, soit inexistante.
Les Arabes impliquent souvent, dans un verbe, une idée supplémentaire et font alors régir ce verbe comme si cette idée était explicite ; ceux qui pensent que certaines prépositions se substituent librement les unes aux autres se trompent donc.
La divergence peut provenir d’une preuve obscure ou négligée, d’un hadith non entendu, d’une erreur de compréhension du texte, ou encore d’une conviction contraire jugée plus forte.
En définitive, le désaccord exégétique se divise en deux types : l’un fondé uniquement sur la transmission, l’autre établi par d’autres voies. Tout savoir procède soit d’une tradition authentifiée, soit d’un raisonnement confirmé ; et ce qui est rapporté l’est soit d’un infaillible, soit d’un non-infaillible.