Ayyûb, Ibn ʿAwn et Hishâm ad-Dustuwâʾî rapportent, d’après Muḥammad b. Sîrîn, que celui-ci raconta : « J’ai interrogé ʿUbayda as-Salmânî à propos d’un verset du Coran. Il me répondit : “Ceux qui connaissaient ce qui a été révélé du Coran ne sont plus. Crains Allah et tiens-toi à la droiture.” »
Abû ʿUbayd rapporte : Muʿâdh nous a relaté, d’après Ibn ʿAwn, d’après ʿUbayd Allâh b. Muslim b. Yasâr, d’après son père, que celui-ci disait : « Lorsque tu parles au nom d’Allah, arrête-toi et considère ce qui précède et ce qui suit. »
Hushaym nous a transmis, d’après Mughîra, d’après Ibrâhîm, cette parole : « Nos compagnons se gardaient bien d’expliquer le Coran et en étaient intimement craintifs. »
Shuʿba rapporte, d’après ʿAbd Allâh b. Abî as-Safar, que al-Shaʿbî déclara : « Par Allah, il n’est pas un verset que je n’aie questionné ; mais c’est rapporter au nom d’Allah. »
Abû ʿUbayd dit encore : Hushaym nous a relaté ; ʿUmar b. Abî Zâʾida nous informa, d’après al-Shaʿbî, d’après Masrûq, qui affirma : « Redoutez l’exégèse, car elle revient à rapporter au nom d’Allah. »
Ces traditions authentiques, et tout ce qui leur ressemble, rapportées des imâms du Salaf, témoignent de leur scrupule à ne pas parler de l’exégèse sans science. Quant à celui qui s’exprime, en connaissance de cause, sur la base de la langue et de la Loi, il n’encourt aucun blâme.
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C’est pourquoi on trouve, de ces mêmes savants et d’autres encore, des propos d’exégèse ; il n’y a là aucune contradiction, car ils ne parlaient que de ce qu’ils savaient et se taisaient sur ce qu’ils ignoraient. Tel est le devoir de tout un chacun : de même qu’il faut se taire sur ce dont on n’a pas connaissance, il faut, lorsqu’on est interrogé, parler de ce que l’on sait, conformément à la parole du Très-Haut : « Vous l’expliquerez clairement aux gens et vous ne le dissimulerez pas » (Al-ʿImrân, 187), et au hadith transmis par plusieurs voies : « Quiconque est interrogé sur un savoir et le cache sera, le Jour de la Résurrection, bâillonné d’un mors… »