Sharh Muqaddimat al-Tafsir li-Ibn Taymiyyah - al-UthayminIbn al-'Uthaymin

Ayyûb, Ibn ʿAwn et Hishâm ad-Dustuwâʾî rapportent, d’après Muḥammad b. Sîrîn, que celui-ci raconta : « J’ai interrogé ʿUbayda as-Salmânî à propos d’un verset du Coran. Il me répondit : “Ceux qui connaissaient ce qui a été révélé du Coran ne sont plus. Crains Allah et tiens-toi à la droiture.” »

Abû ʿUbayd rapporte : Muʿâdh nous a relaté, d’après Ibn ʿAwn, d’après ʿUbayd Allâh b. Muslim b. Yasâr, d’après son père, que celui-ci disait : « Lorsque tu parles au nom d’Allah, arrête-toi et considère ce qui précède et ce qui suit. »

Hushaym nous a transmis, d’après Mughîra, d’après Ibrâhîm, cette parole : « Nos compagnons se gardaient bien d’expliquer le Coran et en étaient intimement craintifs. »

Shuʿba rapporte, d’après ʿAbd Allâh b. Abî as-Safar, que al-Shaʿbî déclara : « Par Allah, il n’est pas un verset que je n’aie questionné ; mais c’est rapporter au nom d’Allah. »

Abû ʿUbayd dit encore : Hushaym nous a relaté ; ʿUmar b. Abî Zâʾida nous informa, d’après al-Shaʿbî, d’après Masrûq, qui affirma : « Redoutez l’exégèse, car elle revient à rapporter au nom d’Allah. »

Ces traditions authentiques, et tout ce qui leur ressemble, rapportées des imâms du Salaf, témoignent de leur scrupule à ne pas parler de l’exégèse sans science. Quant à celui qui s’exprime, en connaissance de cause, sur la base de la langue et de la Loi, il n’encourt aucun blâme.

***

C’est pourquoi on trouve, de ces mêmes savants et d’autres encore, des propos d’exégèse ; il n’y a là aucune contradiction, car ils ne parlaient que de ce qu’ils savaient et se taisaient sur ce qu’ils ignoraient. Tel est le devoir de tout un chacun : de même qu’il faut se taire sur ce dont on n’a pas connaissance, il faut, lorsqu’on est interrogé, parler de ce que l’on sait, conformément à la parole du Très-Haut : « Vous l’expliquerez clairement aux gens et vous ne le dissimulerez pas » (Al-ʿImrân, 187), et au hadith transmis par plusieurs voies : « Quiconque est interrogé sur un savoir et le cache sera, le Jour de la Résurrection, bâillonné d’un mors… »

وقال: أيوب وابن عون وهشام الدستوائي عن محمد بن سيرين قال: سألت عبيدة السلماني عن آية من القرآن فقال: ذهب الذين كانوا يعلمون فيما أنزل من القرآن، فاتق الله وعليك بالسداد. وقال أبو عبيد: حدثنا معاذ عن ابن عون عن عبيد الله بن مسلم بن يسار عن أبيه، قال: إذا حدثت عن الله فقف حتى تنظر ما قبله وما بعده. حدثنا هشيم عن مغيرة عن إبراهيم قال: كان أصحابنا يتقون التفسير ويهابونه. وقال شعبة عن عبد الله بن أبي السفر قال: قال الشعبي: والله ما من آية إلا وقد سألت عنها، ولكنها الرواية عن الله. وقال أبو عبيد: حدثنا هشيم قال: أنبأنا عمر بن أبي زائدة عن الشعبي عن مسروق قال: اتقوا التفسير فإنما هو الرواية عن الله. فهذه الآثار الصحيحة وما شاكلها عن أئمة السلف محمولة على تحرجهم عن الكلام في التفسير بما لا علم لهم به، فأما من تكلم بما يعلم من ذلك لغة وشرعا فلا حرج عليه. *** ولهذا روي عن هؤلاء وغيرهم أقوال في التفسير، ولا منافاة؛ لأنهم تكلموا فيما علموه وسكتوا عما جهلوه، وهذا هو الواجب على كل أحد، فإنه كما يجب السكوت عما لا يعلم له به فكذلك يجب القول فيما سئل عنه مما يعلمه لقوله تعالي: (لَتُبَيِّنُنَّهُ لِلنَّاسِ وَلا تَكْتُمُونَهُ) (آل عمران: من١٨٧) ، ولما جاء في الحديث المروي من طرق: من سئل عن علم فكتمه ألجم يوم القيامة بلجام

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