d’un verset, on l’écarte en lui disant : « Ne reste pas assis avec nous », ou : « Lève-toi », ou toute autre expression du même genre. S’ils parlaient ainsi, c’était uniquement en raison de leur extrême prudence et de la crainte qu’ils éprouvaient à l’idée de parler sans science.
Mâlik rapporte, par l’intermédiaire de Yahyâ b. Saʿîd, que Saʿîd b. al-Musayyib, lorsqu’on l’interrogeait sur l’explication d’un verset, répondait : « Nous ne disons rien au sujet du Coran. »
Al-Layth rapporte, par la même chaîne, que Saʿîd b. al-Musayyib ne s’exprimait que sur ce qui était certain et établi du Coran.
Shuʿba rapporte, d’après ʿAmr b. Murra : un homme interrogea Saʿîd b. al-Musayyib à propos d’un verset ; il lui dit : « Ne m’interroge pas sur le Coran ; interroge plutôt celui qui prétend qu’aucun de ses passages ne lui échappe », visant par là ʿIkrima.
Ibn Shawdhab rapporte : Yazîd b. Abî Yazîd m’a dit : « Nous questionnions Saʿîd b. al-Musayyib sur le licite et l’illicite — il était le plus savant des gens — mais, si nous l’interrogions sur l’explication d’un verset, il demeurait silencieux comme s’il n’avait rien entendu. »
Ibn Jarîr rapporte : Aḥmad b. ʿAbda aḍ-Ḍabbî m’a relaté ; Hammâd b. Zayd nous a rapporté, d’après ʿUbayd Allâh b. ʿUmar : « J’ai côtoyé les jurisconsultes de Médine et ils redoutaient réellement de s’exprimer en matière d’exégèse ; parmi eux se trouvaient Sâlim b. ʿAbd Allâh, Al-Qâsim b. Muḥammad, Saʿîd b. al-Musayyib et Nâfiʿ. »
Abû ʿUbayd rapporte : ʿAbd Allâh b. Ṣâliḥ nous a relaté, d’après Al-Layth, d’après Hishâm b. ʿUrwa : « Je n’ai jamais entendu mon père commenter un seul verset du Livre d’Allah. »