englobe tout ce que la terre fait pousser ; et il allait de soi pour Abû Bakr et ʿUmar qu’il s’agit bien d’un végétal issu du sol. Ils voulaient cependant – qu’Allah les agrée – identifier avec exactitude cet abb : de quelle plante s’agit-il, à quel arbre appartient-il ? La question demeura obscure pour eux. Certains exégètes ont avancé que l’abb serait une herbe ressemblant chez nous au qat (plante fourragère). Mais l’avis le plus apparent – et Allah sait mieux – est qu’il s’agit d’une végétation utile, c’est-à-dire d’un terme générique couvrant toute espèce de pousse.
Ibn Jarîr rapporte : « Yaʿqûb b. Ibrâhîm nous a transmis, disant : Ibn ʿUlayya nous a rapporté d’après Ayyûb, d’après Ibn Abî Mulayka, que Ibn ʿAbbâs fut interrogé sur un verset ; si l’un de vous avait été questionné à sa place, il aurait donné son avis, mais lui refusa de dire quoi que ce soit. » Chaîne authentique.
Explication
Autrement dit, Ibn ʿAbbâs – qu’Allah l’agrée –, celui pour qui le Messager ﷺ avait invoqué qu’Allah lui enseigne l’interprétation (1), déclare qu’il aurait pu être interrogé sur un verset auquel beaucoup, aujourd’hui, répondraient sans hésiter ; pourtant il préféra se taire. Cela indique la nécessité absolue de la prudence dans l’exégèse de la Parole d’Allah, exalté soit-Il.
Abû ʿUbayd rapporte : « Ismâʿîl b. Ibrâhîm nous a narré, d’après Ayyûb, d’après Ibn Abî Mulayka : un homme interrogea Ibn ʿAbbâs au sujet du verset : « un jour dont la mesure est de mille ans » (Sourate As-Sajda, 5). Ibn ʿAbbâs répliqua : « Et qu’en est-il de “un jour dont la mesure est de cinquante mille ans” (Sourate Al-Maʿârij, 4) ? » L’homme poursuivit : « Je ne t’interroge que pour que tu m’expliques ! » Ibn ʿAbbâs répondit : « Ce sont deux jours… »