l’attitude des califes bien guidés (qu’Allah les agrée) en matière d’abnégation : ils se considéraient comme n’importe quel autre musulman, sans se réserver le moindre avantage, vivant dans les mêmes conditions que leur peuple. Ainsi, durant l’Année de la disette (ʿÂm al-Ramâda), ʿUmar (qu’Allah l’agrée) se priva volontairement de tout aliment délicat et se contenta du strict nécessaire, uniquement pour ne rien s’approprier qui aurait fait défaut à ses administrés.
Toutefois, cela n’était possible que parce que, à cette époque, les gens restaient droits dans l’obéissance à Allah et s’écartaient scrupuleusement de ce qui leur était interdit. C’est pourquoi l’on rapporte qu’un homme demanda un jour à ʿAlî b. Abî Tâlib : « Pourquoi les gens se sont-ils révoltés contre toi alors qu’ils ne se sont jamais insurgés contre Abû Bakr et ʿUmar ? » Il répondit : « Parce qu’au temps d’Abû Bakr et de ʿUmar, le peuple comptait des gens de la trempe de ʿAlî b. Abî Tâlib, alors que, de mon temps, le peuple est à ton image. »
Hishâm b. ʿAbd al-Malik – ou, selon une autre version, ʿAbd al-Malik – fit une remarque semblable lorsque, voyant la contestation poindre, il réunit les notables et leur déclara : « Vous voudriez que nous soyons pour vous comme Abû Bakr et ʿUmar ; soyez donc, pour nous, comme les hommes de l’époque d’Abû Bakr et de ʿUmar, et nous serons pour vous comme Abû Bakr et ʿUmar. » Il est en effet rapporté dans la tradition : « Tel que vous êtes, on vous donne des gouvernants à votre image. »
Tout cela montre que ces deux Compagnons (qu’Allah les agrée) ne cherchaient qu’à déterminer la nature précise de l’abb ; car il est évident – nul ne l’ignore – qu’il s’agit d’une plante issue de la terre, comme l’atteste la Parole d’Allah : « Nous y avons fait pousser des grains, des vignes, du fourrage, des oliviers, des palmiers, des jardins touffus, des fruits et de l’abb. » (Sourate 80, v. 27-31)
Explication
L’expression : « des fruits et de l’abb » est ici le verset-clef ; on déduit de ces mots qu’il