« et, s’ils ne produisent pas quatre témoins, alors ceux-là, auprès d’Allah, sont bel et bien les menteurs. » (An-Nûr : 13)
Ainsi, l’accusateur est un menteur, même si la personne qu’il vise avait réellement commis la fornication ; car il a rapporté une information qu’il n’était pas autorisé à divulguer et s’est avancé sans disposer de la moindre science. Allah est Plus Savant.
C’est pour cette raison que nombre de pieux prédécesseurs redoutaient d’expliquer quoi que ce soit du Coran sans connaissance. Chouʿba rapporte, d’après Sulaymân, d’après ʿAbd Allâh b. Murra, d’après Abû Maʿmar, qu’Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq déclara : « Quelle terre me portera et quel ciel me couvrira si je dis, à propos du Livre d’Allah, ce dont je n’ai aucune science ? » (1)
Abû ʿUbayd al-Qâsim b. Sallâm rapporte encore : Muḥammad b. Yazîd nous transmit, d’après al-ʿAwwâm b. Ḥawshab, d’après Ibrâhîm at-Taymî, qu’Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq fut interrogé au sujet de cette parole divine : « et des fruits, et de l’abb » (ʿAbasa : 31). Il répondit : « Quel ciel me couvrira et quelle terre me portera si j’explique le Livre d’Allah sans science ? » — la chaîne de transmission est interrompue.
Explication
Imaginons qu’on demande à quelqu’un : « Que signifie la parole du Très-Haut : « et des fruits, et de l’abb » ? » Il répondrait : « al-abb signifie al-ab, c’est-à-dire le père. » Cet homme aurait interprété le Coran selon sa seule opinion et dans l’ignorance ; car il a entendu les gens prononcer al-ab en redoublant la consonne b, alors qu’elle ne l’est pas dans le verset. Il a donc cru que la parole divine : « et des fruits, et de l’abb » signifiait « des fruits et des pères », commettant ainsi une exégèse fondée sur sa propre opinion.
Il en va de même pour quiconque applique le Coran autrement qu’Allah ne l’a voulu, à l’instar de celui qui affirme