Explication
C’est pourquoi celui qui déploie un effort d’interprétation (ijtihâd) et se trompe reçoit malgré tout une récompense, tandis que celui qui ne fait aucun ijtihâd, même s’il tombe juste, commet une faute lorsque la question ne relève pas du domaine de l’ijtihâd.
Interpréter le Coran sur la base de son opinion peut prendre plusieurs formes. Il arrive que l’on fasse dire au texte ce qui confirme la doctrine de son propre courant, comme le font les gens passionnés : l’un déclare que tel passage signifie ceci ou cela, uniquement parce que cela correspond à sa position. Il en va de même de certains auteurs tardifs qui ont expliqué le Coran à la lumière de découvertes scientifiques, astronomiques ou géologiques auxquelles ils étaient parvenus, alors que le Coran n’y fait nullement allusion ; quand ni le texte ni la langue ne pointent vers ces significations, il ne s’agit que de leur point de vue personnel, et il n’est pas permis de commenter le Coran de cette manière.
De même, si quelqu’un ne possède ni la compréhension linguistique ni la compréhension juridique nécessaire pour expliquer le verset, puis se prononce sans savoir, il commet un péché. Imaginons qu’une personne du commun interprète un verset du noble Coran selon son propre entendement sans aucun appui – ni linguistique ni juridique ; c’est illicite, car celui qui exégète le Coran témoigne devant Allah que telle était Son intention, et c’est gravissime. En effet, Allah nous a interdit de parler de Lui sans science : « Dis : “Mon Seigneur n’a interdit que les turpitudes, qu’elles soient apparentes ou cachées, le péché, l’agression injuste, d’associer à Allah ce pour quoi Il n’a fait descendre aucune preuve, et de dire contre Allah ce que vous ne savez pas.” » (Al-Aʿrâf, 33). Toute personne qui prétend, sans connaissance, connaître le sens des Paroles d’Allah ou l’un de Ses jugements commet donc une faute énorme.
De la même manière, Allah – exalté soit-Il – a qualifié de menteurs ceux qui portent l’accusation de fornication, lorsqu’Il dit : « S’ils ne produisent pas… »