Wakîʿ nous a rapporté ; Sufyân nous a rapporté, d’après ʿAbd al-Aʿlâ al-Thaʿlabî, d’après Saʿîd b. Jubayr, d’après Ibn ʿAbbâs : le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – a dit : « Quiconque parle du Coran sans science, qu’il se prépare une place en Enfer. »
Par cette même chaîne, al-Tirmidhî rapporte : ʿAbd b. Ḥumayd nous a rapporté ; Ḥibbân b. Hilâl m’a rapporté ; Suhayl, le frère de Ḥazm al-Qaṭʿî, nous a rapporté ; Abû ʿImrân al-Jawnî rapporte d’après Jundub que le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – a dit : « Quiconque parle du Coran selon son opinion personnelle, et atteint juste, a malgré tout commis une faute. » (1)
Al-Tirmidhî indique : « Ce hadith est singulier (gharîb) et certains spécialistes du hadith ont émis des réserves à l’égard de Suhayl b. Abî Ḥazm. »
Il en est rapporté de plusieurs savants, parmi les Compagnons du Prophète – paix et bénédictions sur lui – et d’autres, qu’ils se montrèrent très sévères à l’égard de quiconque interprète le Coran sans science.
Quant aux récits rapportés de Mujâhid, Qatâda et d’autres érudits attestant qu’ils ont commenté le Coran, nul ne saurait penser qu’ils l’aient fait sans connaissance ou de leur propre chef. Les textes rapportés d’eux confirment au contraire qu’ils ne parlaient pas d’eux-mêmes sans savoir.
En réalité, celui qui commente le Coran sur la base de sa seule opinion assume un fardeau pour lequel il ne possède aucun savoir et emprunte une voie qui ne lui a pas été prescrite. Même s’il atteint le sens exact, il demeure fautif, parce qu’il n’a pas abordé la question par la porte adéquate ; semblable à celui qui juge les litiges des gens dans l’ignorance : il est voué au Feu, même si, par hasard, son verdict concorde avec la vérité. Son péché sera certes moindre que celui de celui qui se trompe, mais péché il y a tout de même. Allah sait mieux.