du caractère probant de leur avis en matière d’exégèse, car il a dit : « En effet, nombre de gens de science… » – ce qui prouve qu’il ne s’agit pas d’un consensus, et c’est bien le cas. Nul doute, en effet, que les Successeurs divergent entre eux ; ceux qui ont reçu l’exégèse directement des Compagnons ne sauraient être mis sur le même pied que ceux pour qui ce ne fut pas le cas. Toutefois, lorsqu’ils ne rapportent pas explicitement l’explication d’un Compagnon, leur parole n’est pas obligatoire pour ceux qui leur succèdent s’ils s’en écartent, car ils n’ont pas le rang des Compagnons. Leur avis demeure néanmoins plus proche de la vérité ; plus une génération est proche de l’époque prophétique, plus elle touche juste, contrairement à celles qui viennent après. Cela est manifeste : les passions prennent le dessus au fil du temps et les intermédiaires se multiplient entre eux et l’époque du Messager ﵊, si bien que cet éloignement réduit inéluctablement la valeur de leurs propos. On comprend dès lors l’importance de revenir à la parole des Anciens et la nécessité d’examiner avec soin bien des raisonnements des auteurs postérieurs, car ils peuvent s’écarter notablement de la vérité.
Ainsi, les voies d’interprétation du Coran se ramènent à présent à quatre : le Coran lui-même, la Sunna, les propos des Compagnons et ceux des Successeurs – avec, pour ces derniers, une divergence quant à leur portée. Selon lui ﵀, si les Successeurs s’accordent, leur parole fait autorité ; s’ils divergent, elle ne constitue pas une preuve décisive.
Exégèse du Coran fondée sur la seule opinion
Quant à expliquer le Coran en se fiant à la seule opinion, c’est interdit. Muʾammal nous a rapporté ; Sufyân nous a rapporté ; ʿAbd al-Aʿlâ nous a rapporté, d’après Saʿîd b. Jubayr, d’après Ibn ʿAbbâs : le Messager d’Allah – paix et bénédictions sur lui – a dit : « Quiconque commente le Coran sans science, qu’il se prépare une place en Enfer. » (1)