l’exégèse du Coran, une tablette à la main. Ibn ʿAbbâs lui dit : « Écris ! », si bien qu’il l’interrogea sur l’ensemble de l’exégèse.
C’est pourquoi Sufyân al-Thawrî avait coutume de dire : « Si le commentaire d’un verset te parvient de Mujâhid, cela te suffit. »
Il en allait de même pour Saʿîd b. Jubayr, ʿIkrima – l’affranchi d’Ibn ʿAbbâs –, ʿAṭâ’ b. Abî Rabâḥ, al-Ḥasan al-Baṣrî, Masrûq b. al-Ajdaʿ, Saʿîd b. al-Musayyib, Abû l-ʿÂliyah, al-Rabîʿ b. Anas, Qatâdah, al-Ḍaḥḥâk b. Muzâḥim et nombre d’autres parmi les Successeurs, leurs disciples et ceux qui leur ont succédé. Lorsque l’on rapporte leurs propos au sujet d’un même verset, il arrive que leurs formulations divergent. Celui qui manque de science y voit alors une contradiction et en fait des opinions distinctes. Il n’en est rien : certains expriment la notion par ce qu’elle implique ou par un exemple voisin, d’autres la désignent directement. Le sens, cependant, demeure unique – cela se rencontre fréquemment. Que l’esprit averti y prenne garde ; Allah est le Guide.
Shuʿbah b. al-Ḥajjâj et d’autres ont déclaré : « Les avis des Successeurs dans les questions secondaires (furūʿ) ne constituent pas une preuve décisive ; comment le seraient-ils en matière d’exégèse ? » Autrement dit, leurs propos ne lient pas ceux qui s’en écartent. C’est exact. Toutefois, s’ils s’accordent unanimement sur un point, nul ne saurait douter que leur consensus fasse autorité. S’ils divergent, la parole des uns n’est pas une preuve contraignante pour les autres ni pour les générations suivantes. Dans ce cas, on se réfère à la langue du Coran, à la Sunna, à l’usage général des Arabes ou encore aux explications données par les Compagnons.
Commentaire
Ibn Taymiyya – qu’Allah lui fasse miséricorde – signale ici que les savants ont divergé à propos