ou qu’il rapporte la divergence et se contente de l’exposer sans indiquer l’avis fondé, son exposé demeure également lacunaire ; s’il authentifie sciemment ce qui ne l’est pas, il s’est rendu coupable de mensonge délibéré, et s’il le fait par ignorance, il a commis une erreur.
Commentaire
Lorsqu’une personne relate les différentes positions sans préciser laquelle est correcte, on peut – selon les cas – lui en faire grief ou non : s’il connaît la bonne réponse et qu’il ne la signale pas, c’est un manquement ; s’il l’ignore, par exemple lorsque, à ses yeux, les deux avis se valent, il n’est pas tenu de trancher. On rencontre cela jusque dans certains écrits de l’auteur lui-même, qu’il s’agisse de ses fatwas ou d’autres ouvrages : il dit : « Il existe deux opinions chez les savants ; celle-ci est l’avis majoritaire, celle-là celui de tel maître, celui de Mâlik, celui de al-Shâfiʿî », et ainsi de suite.
Celui qui expose les divergences doit, par honnêteté, rapporter l’ensemble des opinions, car – comme l’a rappelé le shaykh – il se peut qu’il omette précisément l’avis le plus juste. Une fois les positions présentées, s’il dispose d’un argument qui fait pencher la balance en faveur de l’une d’elles, il lui incombe d’indiquer celle qui l’emporte, afin de ne pas laisser l’auditeur dans l’incertitude. S’il l’ignore, rien ne l’empêche de se borner à mentionner la divergence sans désigner d’opinion prépondérante, car Allah n’impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité.
De même, celui qui suscite artificiellement un débat sur une question dépourvue d’utilité, ou qui dresse au niveau des mots tout un inventaire d’avis dont la substance se ramène en réalité à une ou deux positions, perd son temps et se pare d’un prestige sans fondement ; il ressemble à quelqu’un qui revêtirait deux habits de mensonge. Qu’Allah accorde Son assistance pour atteindre la vérité.