Comme le Très-Haut l’a dit : « Ils diront : “Ils étaient trois, leur chien étant le quatrième.” D’autres diront : “Cinq, leur chien le sixième” – pure conjecture au sujet de l’invisible. Et d’autres encore : “Sept, et leur chien le huitième.” Dis : “Mon Seigneur sait mieux combien ils étaient ; nul ne les connaît, hormis un petit nombre.” Ne discute à leur sujet que d’une façon apparente et ne consulte personne à leur propos. » (sourate La Caverne, 18 : 22)
Ce verset béni renferme toute la bienséance requise dans ce genre de situation et nous enseigne la conduite à tenir : Allah – exalté soit-Il – évoque trois avis, affaiblit les deux premiers et se tait sur le troisième, ce qui indique qu’il est correct ; s’il avait été faux, Il l’aurait réfuté comme les deux autres. Il oriente ensuite vers l’idée que connaître leur nombre exact ne produit aucun bénéfice. On dira donc, dans un cas semblable : « Mon Seigneur sait mieux combien ils étaient », car nul ne le sait sinon un petit nombre à qui Allah en a accordé la connaissance. Voilà pourquoi Il dit ensuite : « Ne discute à leur sujet que d’une façon apparente », c’est-à-dire : ne t’épuise pas pour ce qui ne rapporte rien, et ne les interroge pas là-dessus, car ils n’en savent rien d’autre qu’une simple conjecture.
Tel est le meilleur procédé lorsqu’on relate une divergence : recenser l’ensemble des avis en présence, signaler celui qui est fondé, invalider ce qui est faux, puis mentionner l’utilité et le fruit que l’on peut tirer de la discussion, afin d’éviter que le débat ne s’éternise sur un point dépourvu d’intérêt et ne détourne des sujets plus importants.
Quant à celui qui rapporte un désaccord sur une question sans recenser toutes les positions exprimées par les savants, son exposé reste incomplet ; il se peut en effet que la justesse réside dans l’opinion qu’il a passée sous silence, ou qu’il rapporte