la Sunna devait être reléguée au second rang, et ils ont également cru que la parole : « j’exercerai mon ijtihâd » signifiait : « je jugerai selon mon opinion personnelle », ce qui est inexact.
Si quelqu’un demande : la Sunna peut-elle abroger le Coran ? Nous répondons : lorsqu’un hadith est authentique, il peut effectivement abroger un verset coranique, mais aucun exemple parfaitement valable n’en atteste.
Ainsi, invoquer la parole du Prophète ﷺ : « Il n’y a pas de testament (waṣiyya) au profit d’un héritier » (1) est une méprise, car le Messager d’Allah ﷺ a également dit : « Allah a attribué à chacun son droit » (2). Par ce second hadith, il ne fait qu’exposer la norme abrogatrice : en d’autres termes, les parts héréditaires fixées (farâʾiḍ) vous dispensent désormais de la recommandation testamentaire.
Même si l’on consentait à pousser l’argument plus loin, ce hadith n’abroge pas le verset ; supposons même que le Prophète se soit borné à dire : « pas de testament pour l’héritier », cela n’annulerait pas la Parole divine : « Il vous est prescrit, lorsque la mort se présente à l’un d’entre vous, s’il laisse un bien, de faire un testament en faveur des parents et des proches » (Coran 2 : 180). Il s’agit là d’une restriction (taḫṣîṣ) et non d’une abrogation, car les « proches » ne sont pas les héritiers, et la recommandation testamentaire subsiste à leur égard. C’est donc une spécification ; en somme, quel que soit l’angle sous lequel on l’examine, cet exemple ne tient pas.
Par conséquent, si tu ne trouves pas l’explication d’un verset ni dans le Coran ni dans la Sunna, reporte-toi alors aux propos des Compagnons, car ils en avaient la compréhension la plus sûre, ayant été témoins de