L’imâm ash-Shâfiʿî, comme d’autres sommités, a étayé cette règle par de nombreux arguments qu’il n’est pas opportun de détailler ici.
En substance, tu dois donc chercher l’explication du Coran dans le Coran lui-même ; si tu ne la trouves pas, alors dans la Sunna, ainsi que le Prophète ﷺ le dit à Muʿâdh lorsqu’il l’envoya au Yémen : « Selon quoi jugeras-tu ? — Selon le Livre d’Allah. — Et si tu n’y trouves pas (la réponse) ? — Selon la Sunna du Messager d’Allah. — Et si tu n’y trouves pas ? — J’exercerai mon ijtihâd (mon effort de réflexion personnelle). » Le Prophète ﷺ frappa alors sa poitrine et déclara : « Louange à Allah qui a accordé la réussite au messager du Messager d’Allah pour ce qui satisfait le Messager d’Allah. » (1) Ce hadith est rapporté dans les Musnads et les Sunan avec une chaîne jugée bonne.
Commentaire
Certains savants ont discuté de l’authenticité de ce hadith et l’ont considéré faible, mais l’auteur l’estime doté d’une bonne chaîne, ce qui semble être l’opinion la plus juste. En effet, il est conforme à la règle générale de la sharîʿa : on juge d’abord d’après le Livre d’Allah ; si l’on ne trouve pas (de texte explicite), on se réfère à la Sunna du Messager d’Allah ﷺ, car la Sunna explicite des éléments que le Coran n’a pas détaillés et que l’on n’y voit pas clairement ; il faut donc y revenir. S’il n’existe ni dans le Coran ni dans la Sunna de texte traitant du cas, la personne « exerce son ijtihâd » — non pas qu’elle tranche selon son simple avis, mais qu’elle s’efforce d’appliquer l’affaire ou l’incident aux textes du Livre et de la Sunna. Ainsi, ce hadith correspond aux principes généraux de la sharîʿa, tandis que ceux qui l’ont jugé faible ont pensé que la parole : « Et si tu ne trouves pas, alors par la Sunna du Messager d’Allah » signifiait que