comme l’a écrit l’auteur ?
La réponse est qu’il a soutenu une opinion que l’on ne trouve ni chez les Compagnons ni chez les Successeurs qui les ont suivis avec excellence ; de ce fait, il innove dans cette prise de position particulière. Toutefois, bien qu’il soit innovateur sur ce point, nous ne lui appliquons pas ce qualificatif de façon absolue.
Un autre questionneur pourrait dire : « Que penser des exégèses dites “scientifiques” qui s’appuient sur les découvertes récentes ? Il arrive qu’un verset soit commenté sans preuve juridique explicite — autrement dit sans hadith authentique — alors qu’il existe diverses paroles des Compagnons ou d’autres Anciens à son sujet, parfois même divergentes. Supposons qu’un exégète fonde alors son explication sur l’argument linguistique ou sur ces découvertes modernes ; quel jugement porter sur cela ? Relève-t-il de la règle précédente, de sorte qu’on le qualifie d’innovateur ? »
Nous répondons : si l’indication coranique est clairement établie et qu’elle ne contredit pas l’explication des Anciens, il n’y a pas innovation. Mais si elle contredit leurs propos, nous disons qu’il s’agit d’une innovation et nous la repoussons. La plupart du temps, ces découvertes n’ont simplement pas été évoquées par les prédécesseurs parce qu’ils n’y avaient pas accès ; il se peut toutefois que le Coran les englobe par ses formulations générales. Qu’il les mentionne de façon spécifique est improbable : si tel avait été le cas, les Compagnons l’auraient su et l’auraient expliqué ainsi. Par conséquent, les découvertes scientifiques ne sont recevables que si elles s’inscrivent réellement dans le verset ; dans le cas contraire, l’interprétation et son auteur doivent être rejetés.
Ainsi, certains ont expliqué le terme fitna par “invasion idéologique”, et cela est exact, car le Messager — qu’Allah le bénisse et le salue — a annoncé : « Des tentations, pareilles aux ténèbres d’une nuit obscure, feront qu’au matin un homme se lèvera croyant… »