Cependant, rejeter purement et simplement, dans le détail comme dans l’ensemble, tout ce que les gens de l’innovation ont pu dire – y compris lorsqu’ils ont raison – au motif que « c’est la parole d’un innovateur », est une méprise. Il incombe en effet à chacun d’énoncer la vérité où qu’elle se trouve, sans se soucier de l’identité de celui qui la porte. C’est pourquoi l’on dit : « Les hommes se mesurent à l’aune de la vérité, et non la vérité à l’aune des hommes. » Si tu tiens la vérité d’un tel ou un tel, tu n’es qu’un simple imitateur ; mais si tu juges les hommes à partir de la vérité, de sorte que, lorsqu’ils la professent, tu les considères réellement comme des hommes de vérité, voilà la justice. Le shaykh – qu’Allah lui fasse miséricorde – affirme qu’il faut rendre à chacun ce qui lui revient ; même si l’intéressé appartient aux gens de l’innovation mais se trouve plus proche de la sunna, nous lui reconnaissons son droit et disons : « Cet innovateur-ci est plus proche de la sunna que cet autre. »
Lorsqu’un verset a déjà reçu, de la part des Compagnons, de leurs Successeurs et des imâms, une interprétation déterminée, et que des gens viennent ensuite lui donner un tout autre sens pour satisfaire une doctrine qu’ils se sont forgée – doctrine étrangère aux écoles des Compagnons et de ceux qui les ont suivis avec bienfaisance – ils rejoignent alors les Muʿtazilites et autres groupes d’innovateurs dans cette démarche. En définitive, quiconque se détourne de l’exégèse des Compagnons et des Successeurs pour adopter une interprétation qui la contredit, se trompe.