Plus étonnant encore, certains avancent que l’exclamation divine : « Par le figuier » viserait Abû Bakr, « par l’olivier » ʿUmar, « le mont Sinaï » ʿUthmân, et « cette cité sûre » ʿAlî.
Commentaire
Il s’agit ici d’un ouvrage d’exégèse dont l’auteur – qu’Allah lui fasse miséricorde – rapporte cette interprétation : le figuier renverrait à Abû Bakr, l’olivier à ʿUmar, le mont Sinaï à ʿUthmân, et « cette cité sûre » à ʿAlî ibn Abî Tâlib. Il les a ainsi tous assimilés à des choses que l’on mange ou à des lieux que l’on habite. Qu’Allah nous accorde Sa protection ! Peut-être, parce que le figuier vient en premier et qu’Abû Bakr – qu’Allah l’agrée – occupe le premier rang, a-t-il commencé par lui ; il s’est dit : puisque Abû Bakr est le meilleur d’entre eux et qu’Allah commence par le figuier puis par l’olivier, cela cadre avec l’ordre de leur califat et de leur mérite. Il conclut : « Ces quatre mots correspondent à quatre hommes, classés ainsi : Abû Bakr, puis ʿUmar, puis ʿUthmân, puis ʿAlî. »
De telles fadaises consistent tantôt à interpréter un terme d’une manière qu’il ne peut absolument pas porter : ces expressions n’indiquent nullement ces personnes. De même, la parole du Très-Haut : « et ceux qui sont avec lui sont durs envers les mécréants, miséricordieux entre eux ; tu les vois inclinés, prosternés » décrit intégralement « ceux qui sont avec lui ». Les grammairiens appellent cela un prédicat après un autre ; toutes ces formulations sont donc des attributs d’un seul et même référent : ceux qui accompagneraient le Prophète. Il est inadmissible de prétendre que chacune vise une personne particulière. Ces chimères consistent aussi parfois à restreindre un terme général et absolu à un individu précis, comme lorsqu’ils soutiennent que la parole du Très-Haut : « Votre seul protecteur, c’est Allah et Son Messager… »