Par la suite, du fait de l’extrémisme et de l’égarement de ces gens, les râfidites imâmites, puis les philosophes, puis les qarmates et d’autres encore en vinrent à des interprétations plus graves encore. La dérive atteignit son paroxysme chez les philosophes et les qarmates : ils ont commenté le Coran de façons si extravagantes qu’aucun savant ne saurait en épuiser l’étonnement. Ainsi, les râfidites prétendent à propos du verset : « Que périssent les deux mains d’Abû Lahab, et que lui-même périsse ! » (Al-Masad, 1) que les « deux mains » seraient Abû Bakr et ʿUmar.
Explication : autrement dit, ils assimilent Abû Bakr et ʿUmar aux deux mains d’Abû Lahab – qu’Allah nous en préserve. Cela montre bien que, dans le fond, les râfidites nourrissent une rancœur et une haine profondes envers les Compagnons – qu’Allah les agrée –, et même envers la religion musulmane elle-même, malgré l’apparence d’islam qu’ils affichent. En vérité – qu’Allah nous protège –, ils comptent parmi les plus farouches ennemis et détracteurs des compagnons du Messager – paix et bénédictions sur lui. Comment un homme peut-il se dire croyant, musulman, et soutenir que ce verset a été révélé au sujet d’Abû Bakr et ʿUmar, alors qu’ils sont, sans conteste, les plus nobles de la communauté ? Si de tels versets visaient ces deux-là, que resterait-il donc de la considération due aux autres musulmans ?
De même, ils expliquent la parole divine : « Si jamais tu associes, ton œuvre sera certes réduite à néant » (Az-Zumar, 65) par l’idée suivante : « Si tu associes Abû Bakr et ʿUmar à ʿAlî dans la question du califat. »
Explication : or, le sens véritable du verset est : « Si tu associes à Allah dans Son adoration… », comme l’indique la révélation : « Il t’a certes été révélé, ainsi qu’à ceux qui t’ont précédé : “Si tu associes, ton œuvre sera vouée à l’échec.” » (Az-Zumar, 65). Eux, cependant, prétendent : « Si…»