Abû Jaʿfar a ainsi rédigé une exégèse qui procède selon cette méthode, mais il y a ajouté la doctrine des imâmiyyah duodécimains ; or, chez les muʿtazilites, nul ne tient un tel discours et aucun d’eux ne conteste le califat d’Abû Bakr, ʿUmar, ʿUthmân et ʿAlî.
Parmi les principes que les muʿtazilites partagent avec les khârijites figure l’application implacable de la menace dans l’au-delà : selon eux, Allah n’accorde aucune intercession aux auteurs de grands péchés et n’en fera sortir aucun du Feu. Divers groupes — murjites, karrâmites, kullâbites et leurs partisans — leur ont certes répondu ; parfois avec justesse, parfois à tort, au point de tomber dans l’excès inverse, comme cela a été développé ailleurs.
Commentaire
Il arrive donc que, réfutant une innovation, certains se placent à l’extrémité opposée et introduisent à leur tour une innovation. Ainsi, quelques-uns soutiennent qu’il faut, le jour de ʿÂshûrâʾ, élargir les dépenses pour la famille et répandre joie et allégresse, afin de contrer les râfidites qui font de ce jour un temps de deuil et de tristesse. C’est une erreur : on ne combat pas une innovation par une autre. Il suffit de l’interdire en précisant que cela n’est pas prescrit et que « toute innovation est un égarement ». Introduire une pratique censée lui faire contrepoids est impossible, inutile, et rien n’efface l’innovation sinon la seule sunna.