l’érigent néanmoins en divinité dans leur conception et prétendent qu’il administre l’univers : pas un atome sur terre ni au ciel, disent-ils, qui ne soit gouverné par ʿAlî ibn Abî Tâlib, l’axe suprême des pôles.
Quoi qu’il en soit, nous déclarons ce qui suit : nous prenons Allah à témoin de l’amour que nous portons aux croyants issus de la Famille prophétique. À nos yeux, le croyant d’entre eux possède deux droits sur nous : d’abord son statut de croyant, ensuite sa parenté avec le Messager d’Allah ﷺ. Nous considérons que leur noblesse ne leur vient que de leur proximité avec le Messager ﷺ ; ce n’est pas le Messager qui a été honoré par eux, c’est eux qui ont été honorés grâce à lui. Nous affirmons également qu’ils se situent à des degrés divers et que, bien qu’ils jouissent de ce privilège — la parenté avec le Messager ﷺ —, cela ne leur confère pas une supériorité absolue sur quiconque les surpasse en science et en foi. Abû Bakr, ʿUmar et ʿUthmân — qu’Allah les agrée — sont, de manière absolue, supérieurs à ʿAlî ibn Abî Tâlib, même si ce dernier se distingue d’eux par certains mérites particuliers ; toutefois, ces mérites particuliers n’entraînent pas pour autant une supériorité absolue, car il existe une différence entre l’absolu et le limité.
Quant au fait de les avoir brûlés, ʿAlî — qu’Allah l’agrée — le considéra comme la peine la plus sévère, à l’instar de ce qu’ordonna Abû Bakr — qu’Allah l’agrée — lorsqu’il fit brûler le sodomite. Il arrive cependant qu’un point échappe à l’être humain ; c’est pourquoi Ibn ʿAbbâs déclara : « Si j’avais été à la place de ʿAlî ibn Abî Tâlib, je me serais contenté de les tuer, conformément à la parole du Prophète ﷺ : “Quiconque renie sa religion, tuez-le” (1). Je ne les aurais pas brûlés, car le Prophète ﷺ a interdit de châtier par le feu » (2). On rapporte alors qu’il dit : « Ibn Umm al-Faḍl n’est pas exempt de manquements », c’est-à-dire d’erreurs et de fautes.