Quant à leur conception de la justice, elle se résume ainsi : Allah n’a pas voulu l’ensemble des êtres existants, ne les a pas tous créés et n’est pas capable de tous les créer. Selon eux, les actes des serviteurs n’ont pas été créés par Allah, ni dans le bien ni dans le mal ; Il ne veut, affirment-ils, que ce qu’Il a prescrit par la Loi, et tout le reste adviendrait en dehors de Sa volonté.
Commentaire :
Tel est, pour eux, le principe de la justice. Ils disent : « Allah ne veut pas toute chose ; Il ne veut pas les actes des serviteurs et n’a pas tout créé. Si Allah voulait les actes des hommes, les créait et les châtiait ensuite pour ces mêmes actes, ce serait de l’injustice. Donc, si l’on affirme qu’Il ne les veut pas et ne les crée pas, et qu’Il les punit parce qu’eux-mêmes les ont voulus et produits, cela devient la justice. » Présente ce raisonnement au premier venu, poursuivent-ils, et il l’approuvera aussitôt : « Comment Allah pourrait-Il vouloir leurs actes, les créer puis les châtier pour ces actes ? » concluent-ils. Par conséquent, affirment-ils, Allah n’a ni voulu ni créé les actes de l’homme.
Nous leur répondons que, dans les faits, cette thèse revient à dépouiller le Créateur de Sa souveraineté et à Le dénigrer : comment admettre qu’il existe dans Son royaume ce qu’Il ne veut ni n’agrée, ou qu’il y ait une créature qu’Il n’aurait pas créée, alors qu’Il dit : « Allah est le Créateur de toute chose » (az-Zumar : 62) ? Par ailleurs, l’injustice est écartée par deux considérations : l’une rationnelle, l’autre révélée.
D’un point de vue rationnel, Allah a doté l’être humain d’une intelligence par laquelle il discerne ce qui lui nuit et ce qui lui est profitable. Il n’est pas semblable au bétail ; il possède un esprit qui le guide, et rien ne l’a jamais privé de cette faculté.