et la confusion par laquelle ils abusent les gens, car, de prime abord, quiconque lirait ces fondements les tiendrait pour véridiques ; mais dès qu’on consulte leur interprétation, on découvre qu’ils sont illusoires.
Quant à leur conception de l’unicité, elle se confond avec celle des jahmites : une « unicité » qui revient à nier les attributs divins. Ils soutiennent qu’Allah ne sera pas vu, que le Coran est créé, qu’Il n’est pas au-dessus de l’univers, et qu’Il ne possède ni science, ni puissance, ni vie, ni ouïe, ni vue, ni parole, ni volonté – en un mot, aucun attribut.
Commentaire :
Ainsi, pour eux, le tawḥîd consiste à dépouiller Allah de Ses attributs. Lorsqu’ils disent : « Unifie Allah », ils veulent dire : « Dépouille-Le de Ses attributs », car, affirment-ils, Lui reconnaître une qualité Le ferait ressembler aux créatures et annihilerait le monothéisme. Or le tawḥîd repose sur deux piliers indissociables : la négation et l’affirmation. Une affirmation seule n’établit pas l’unicité, tout comme une négation seule n’est qu’une mise à néant (taʿṭîl) ; le monothéisme authentique n’existe qu’en conjuguant négation et affirmation.
Exemple : si tu dis « Il n’existe aucun être debout », tu nies l’état de se tenir debout pour tout le monde ; c’est une pure négation, donc un anéantissement. Si tu dis « Zayd est debout », tu l’affirmes, mais tu n’exclus pas qu’ʿAmr ou Khâlid le soient eux aussi. En revanche, si tu déclares « Nul n’est debout, hormis Zayd », tu réalises l’unicité : tu limites cet état à Zayd seul.
Il en va de même pour la parole : « Lâ ilâha illâ Allâh » – « Il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allah ». Or ces gens prétendent que le monothéisme consiste à ne jamais attribuer la moindre qualité à Allah – qu’Allah nous en préserve ! – ni ouïe, ni vue, ni puissance, ni vie, ni science : absolument rien.