laquelle emprunte tour à tour aux doctrines de leurs prédécesseurs et à celles des jahmites, mais se révèle, à bien des égards, encore plus fragile que la précédente.
Quant à la voie fondée sur la « simple possibilité des attributs des corps », elle repose sur le postulat de la similitude entre tous les corps. Or la majorité des esprits raisonnables la rejettent, et leurs plus éminents représentants reconnaissent eux-mêmes qu’elle est viciée ; nous avons déjà cité en ce sens al-Ashʿarî, ar-Râzî, al-Âmidî et d’autres, qui admettent sa défaillance, et nous en avons démontré la fausseté par une argumentation rationnelle explicite.
Si donc ces voies sont réputées invalides par la plupart des gens doués de raison – et, de fait, elles le sont en elles-mêmes –, il est impossible que la connaissance du Créateur dépende d’une méthode défectueuse. Quand bien même on accorderait leur validité, il demeure évident que la plupart des esprits ont reconnu Allah et cru en Son Messager sans y recourir ; la connaissance issue de l’audition (as-samʿ) n’est donc nullement subordonnée à ces voies, de sorte qu’en critiquer la solidité ne revient pas à ébranler le fondement même de la Révélation.
[6] Sixièmement
Le sixième argument :
Admettons que l’acceptation du témoignage révélé dépende, par exemple, de la certitude qu’Allah n’est pas un corps ; il ne s’ensuit pas pour autant que ceux qui affirment les attributs établis par le Coran et la sunna contredisent les exigences de la raison. En effet, leur propos, lorsqu’ils affirment ces attributs, est identique à celui de tout théologien qui nie la corporéité tout en reconnaissant certains attributs.
Ainsi, si les uns déclarent : « Il est Vivant, Savant, Puissant, et Il n’est pas un corps », et que d’autres ajoutent : « Il est Vivant d’une vie, Savant d’une science, Puissant d’une puissance, de plus Il est Audient, Voyant et Parlant d’une audition, d’une vue et d’une parole, tout en n’étant pas un corps », alors ceux qui affirment l’ensemble des attributs rapportés par le Messager peuvent, à propos des autres qualités divines, tenir exactement le même discours que ces derniers tiennent pour celles-ci.