ni aucun des Successeurs qui les ont suivis avec excellence – les meilleurs de cette communauté et les plus éminents en science comme en foi. Or, cette méthode ne fut introduite dans l’islam qu’après le premier siècle hégirien, lorsque la génération des plus grands Successeurs, voire celle de leur seconde vague, avait déjà disparu.
Comment donc pourrait-on prétendre que la vérification de la véracité du Messager dépende d’elle, alors que les plus savants et les plus vertueux de ceux qui crurent en lui ne s’y sont jamais référés, ne l’ont jamais mentionnée, qu’on ne la leur a jamais exposée, qu’aucun propos n’en a été rapporté de leur part et que personne, à leur époque, n’en a parlé ?
[4] Quatrièmement
Le Coran, ainsi que la sunna rapportée du Prophète – qu’il s’agisse des textes massivement transmis (mutawâtir) ou de ceux rapportés à titre individuel – ne comportent nulle allusion appuyant cette démarche, et encore moins l’exposé de la démarche elle-même. On n’y lit nulle part que le Créateur serait, de toute éternité, demeuré inactif et muet quant à une parole voulue, puis qu’il se serait soudainement mis à agir ou à parler sans cause survenue. Aucun passage n’y traite non plus du corps, de l’occupation d’un lieu ou de la direction, ni pour les affirmer ni pour les nier. Comment, dès lors, la foi au Messager pourrait-elle impliquer de telles doctrines, alors que celui-ci n’en a jamais informé la communauté et n’a jamais subordonné la foi en lui à leur acceptation ?
[5] Cinquièmement
Ces trois voies – notamment celle fondée sur la survenue des corps – reposent sur l’idée qu’il serait impossible que le Seigneur soit perpétuellement en acte ou qu’Il ait toujours parlé selon Sa volonté ; en vérité, elles nient qu’Il ait jamais été capable, de toute éternité, de l’un comme de l’autre. Or il est notoire que la majorité des esprits raisonnables, musulmans ou non, contestent cette prémisse et affirment : « C’est une assertion sans fondement. »
Quant à la voie qui se fonde sur la simple possibilité des corps, elle part du principe que l’entité dotée d’attributs est contingente parce que ce qui est composé l’est, tout en niant les attributs divins ; c’est une méthode introduite par Ibn Sînâ et ses semblables.