De plus, il a exposé, pour établir l’existence du Créateur, quatre voies :
- la voie de la survenue (ḥudûth) des corps ;
- la voie de leur contingence (imkân) ;
- la voie de la contingence de leurs attributs ;
- la voie de la survenue de leurs attributs.
Il a ajouté que cette voie-là n’exclut pas la possibilité que le Créateur soit un corps, à la différence des trois autres. Or, s’ils nient certains attributs divins, c’est seulement parce qu’ils imaginent qu’ils impliquent une corporéité que la raison – laquelle, selon eux, fonde la transmission (samʿ) – aurait déjà réfutée. Dès qu’ils reconnaissent qu’il est possible de connaître le Créateur et d’attester la véracité de Son Messager avant même d’examiner la question de Sa corporéité, il devient clair que la sincérité du Messager ne dépend pas de la connaissance préalable selon laquelle le Créateur ne serait pas un corps. Par conséquent, quand bien même on admettrait que la raison rejette cette idée, ce ne serait pas là le type de raison qui sert de base à la révélation transmise.
[3] Troisièmement, on dira à ceux qui prétendent que la connaissance tirée de la révélation exige une telle négation : certains d’entre vous affirment : « Nous ne savons pas que le Messager est véridique tant que nous n’avons pas établi l’existence du Créateur, Sa toute-puissance, Son autosuffisance et le fait qu’Il ne commet rien de blâmable ; or nous ne pouvons le savoir qu’après avoir prouvé qu’Il n’est pas un corps. De même, nous ne pouvons démontrer l’existence du Créateur tant que nous n’avons pas établi la survenue du monde, laquelle n’est confirmée que par celle des corps ; il est donc impossible d’accepter, au moyen des textes transmis, quoi que ce soit qui impliquerait Sa corporéité. »
Nous leur répondrons : il est nécessairement su, d’après la religion du Messager et par une transmission unanimement reconnue, qu’il a appelé les créatures à croire en Allah et en Son Messager. Jamais il n’a invité les gens au moyen de la méthode par laquelle, dites-vous, vous avez prouvé la survenue du monde et la négation de Sa corporéité. Ceux qui crurent en lui parmi les Émigrés (al-Muhâjirûn) et les Auxiliaires (al-Anṣâr) y ont adhéré, et des foules entières sont entrées dans la religion d’Allah ; pourtant il n’a guidé personne par cette méthode, nul ne l’a mentionnée, elle ne figure ni dans le Coran ni dans un hadith du Prophète, et aucun Compagnon n’y a convié qui que ce soit.