Et l’ustâdh Abû Isḥâq avait coutume de dire :
« J’excommunie celui qui m’excommunie ; tout contradicteur qui nous déclare mécréants, nous le déclarons mécréant à notre tour, sinon nous nous en abstenons. »
Quant à nous, l’opinion que nous retenons est de ne vouer à l’excommunication personne parmi les gens de la qibla.
La preuve en est la suivante : les questions sur lesquelles les gens de la qibla ont divergé – telles que : Allah, exalté soit-Il, est-Il Savant par un savoir (ʿilm) distinct ou par Son essence ? Est-Il le Créateur des actes des serviteurs ou non ? Occupe-t-Il un lieu, se trouve-t-Il dans un espace ou dans une direction ? Sera-t-Il visible ou non ? – se ramènent à deux hypothèses : soit la validité de la religion dépend de la connaissance correcte de ces questions, soit elle n’en dépend pas.
La première hypothèse est fausse ; car si la connaissance de ces fondements faisait partie intégrante de la religion, il aurait été obligatoire pour le Prophète – que la bénédiction et la paix soient sur lui – de sommer les gens de se prononcer sur ces questions et de s’enquérir de la nature de leur croyance à leur sujet. Or il ne les a jamais interrogés là-dessus, et jamais aucune discussion à ce propos n’eut lieu ni à son époque, ni à celle des Compagnons, ni à celle des Successeurs, qu’Allah les agrée. Nous savons donc que la validité de l’islam ne dépend pas de la connaissance