d’auprès d’Allah est, en soi, une réalité établie ; que nous la connaissions par notre raison ou que nous l’ignorions, elle se suffit à elle-même, indépendamment de notre science et de notre intellect. En revanche, c’est nous qui avons besoin d’elle et de la connaître grâce à notre raison. En effet, lorsque l’intellect appréhende ce qu’est la Loi en elle-même, il en devient savant, ainsi que de tout ce qu’elle renferme et dont l’homme a besoin pour sa vie d’ici-bas et pour l’au-delà ; il retire profit de cette connaissance, laquelle lui confère un état qu’il ne possédait pas auparavant. S’il ne la connaît pas, il demeure ignorant et déficient.
Quant à celui qui entend dire que la raison constitue le fondement de notre connaissance du message transmis (al-samʿ) et la preuve de son authenticité — et c’est bien là ce qu’il vise —, nous lui disons :
« Entends-tu par “raison” la faculté innée qui est en nous, ou les sciences que nous acquérons grâce à cette faculté ? »
La première hypothèse n’est certainement pas la tienne — et il est impossible qu’elle le soit — car cette disposition naturelle n’est pas une science susceptible, ne serait-ce qu’en théorie, de contredire les données révélées. Elle constitue, tout comme la vie, une condition préalable à toute connaissance, qu’elle soit rationnelle ou révélée ; or, ce qui est condition d’une chose ne peut lui être contraire. La vie et cette aptitude naturelle sont donc la condition de toutes les sciences, qu’elles procèdent de la transmission ou de la raison ; il est dès lors impossible qu’elles leur soient opposées. Elles sont également une condition de la conviction obtenue par raisonnement ; bien qu’elles ne soient pas en elles-mêmes une science, il est impossible qu’elles lui soient hostiles ou contradictoires.
Si, en revanche, tu entends par “raison” — censée être la preuve et le fondement de la révélation — les connaissances que l’on acquiert par elle, nous te répondrons :
Il est clair que tout ce que l’on connaît par la raison n’est pas, pour autant, le fondement de la révélation ni la preuve de son authenticité. Les connaissances rationnelles sont, en effet, trop nombreuses pour être dénombrées, alors que la certitude quant à l’authenticité de la révélation se ramène uniquement à ce par quoi l’on sait que le Messager — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui — est véridique.
Ce n’est pas l’ensemble des sciences rationnelles qui permet de connaître la véracité du Messager — que les bénédictions et la paix d’Allah soient sur lui ; on ne l’apprend que par ce qui établit qu’Allah, le Très-Haut, l’a envoyé : l’affirmation de l’existence du Créateur, la confirmation qu’Il a accordée au Prophète par des signes (âyât), et d’autres attestations de cet ordre.