autonomes, car la capacité du serviteur est créée par Allah, et sa volonté est, elle aussi, créée par Allah. Allah détient une puissance indépendante, tandis que le serviteur n’est capable que parce qu’Allah l’en a rendu capable ; c’est Lui qui l’a créé, qui a créé sa puissance, sa volonté et son acte. On ne saurait donc mettre ces deux situations sur le même plan.
Il en va de même de la construction intellectuelle qu’al-Râzî et d’autres avancent au sujet de la possibilité d’un agent agissant sans fin et de l’idée selon laquelle la possibilité des phénomènes serait dépourvue de commencement. En effet, si l’on suppose qu’un événement déterminé est possible et qu’il l’a toujours été, on affirme alors qu’il demeure perpétuellement possible tout en ne reconnaissant aucun début à cette possibilité. Une telle supposition est impossible : elle revient à postuler qu’une chose possède un commencement tout en n’en ayant pas, réunissant ainsi deux contraires. C’est pourquoi al-Râzî, dans son Muḥaṣṣal, a écarté cette éventualité.
Ce que nous venons d’exposer est clair et, dans l’ensemble, admis par les gens doués de raison. Il apparaît ainsi que prétendre à un conflit entre la preuve rationnelle et la preuve scripturaire, puis décréter sans appel la primauté de la raison, est manifestement erroné ; c’est contraire à ce sur quoi s’accordent les esprits sensés.
Partant de là, nous disons : la réponse se décline en plusieurs volets.
— Réponse détaillée —
Volet 1. Son affirmation : « Lorsque la transmission scripturaire (naql) et la raison (ʿaql) se contredisent… » peut se comprendre de deux façons :
- S’il vise deux données toutes deux certaines, nous n’admettons pas qu’un tel conflit soit possible ;
- S’il vise deux données conjecturales, c’est alors l’élément le plus probant qui, en toute circonstance, doit l’emporter.