Darʾ Taʿâroud al-ʿAql wa-n-NaqlIbn Taimiya

l’existence de la chose visée ; ainsi, si le Seigneur faisait du serviteur un être qui la veuille alors qu’il en a la capacité, l’apparition de ce qu’il peut réaliser s’ensuivrait nécessairement. Le serviteur en viendrait donc à vouloir l’existence de ce qu’Allah ne veut pas voir exister ; or cela est impossible. Au contraire, ce qu’Allah veut voir exister, Il fait que celui qui en est capable le désire ; Il ne le pousse pas à vouloir ce qui contredit la volonté du Seigneur.

Quant aux Muʿtazilites, ils jugent impossible que la puissance du Seigneur porte sur le même objet que celle du serviteur ; dès lors, selon eux, deux volontés ne sauraient diverger au sujet d’une même réalité. Les deux raisonnements s’avèrent donc caduques, car ils reposent l’un et l’autre sur l’hypothèse d’une contradiction entre deux volontés, hypothèse elle-même impossible ;

En effet, lorsqu’un serviteur veut qu’une chose advienne, il ne la veut qu’après qu’Allah a voulu qu’il la veuille, ainsi que le Très-Haut l’a dit :
« À celui d’entre vous qui veut se tenir dans la droiture ; mais vous ne le voudrez que si Allah, le Seigneur des mondes, le veut. » (Sourate at-Takwîr 81 : 28-29)

Ce qu’Allah veut est, et ce qu’Il ne veut pas n’est pas. Lorsqu’Allah veut une chose, Il fait que le serviteur la veuille ; et lorsqu’Il fait que le serviteur la répugne et ne la souhaite pas, celui-ci, dans cet état, ne la veut effectivement pas.

Les partisans du jabr ont donc bâti leur argumentation sur l’idée qu’Allah voudrait la chose tandis que le serviteur la détesterait ; or cette hypothèse est impossible. Ils l’ont empruntée à la conception de deux seigneurs, deux divinités : c’est une analogie fallacieuse, car le serviteur, avec tous ses actes, est une créature d’Allah ; il n’est ni son égal ni son semblable.

C’est pourquoi, lorsque Abû Isḥâq al-Isfarâ’înî a déclaré que l’acte du serviteur est « un objet de puissance commun à deux agents capables », il ne visait nullement deux puissances indépendantes

وجود المقدور، فلو جعله الرب مريداً مع قدرته لزم وجود مقدوره، فيكون العبد يشاء مالا يشاء الله وجوده، وهذا ممتنع، بل ما شاء الله وجوده يجعل القادر عليه ميدا لوجوده، لا يجعله مريداً لما يناقض مراد الرب. وأما علي قول المعتزلة عندهم تمتنع قدرة الرب علي عين مقدور العبد ن فيمتنع اختلاف الإرادتين في شيء واحد وكلتا الحجتين باطلة، فأنهما مبيتان علي تناقض الإرادتين، وهذا ممتنع، فإن العبد إذا شاء أن يكون شيء لم يشاء حتى يشاء الله مشيئته كما قال تعالي: {لمن شاء منكم أن يستقيم * وما تشاؤون إلا أن يشاء الله رب العالمين} [التكوير: ٢٨-٢٩] ، وما شاء الله كان وما لم يشأ لم يكن فإذا شاءه الله جعل العبد شائياً له، وإذا جعل العبد كارها له غير مريد له، لم يكن هو في هذه الحال شائياً له. فهم بنوا الدليل علي تقدير مشيئة الله له، وكراهة العبد له، وهذا تقدير ممتنع، وهذا نقلوه من تقدير ربين وإلهين، وهو قياس باطل، لأن العبد مخلوق لله هو وجميع مفعولاته، ليس هو مثلاً لله ولا نداً، ولهذا إذا قيل ما قاله أبو إسحاق الإسفراييني: من أن فعل العبد مقدور بين قادرين، لم يرد به بين قادرين

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