Darʾ Taʿâroud al-ʿAql wa-n-NaqlIbn Taimiya

Les partisans du jabr (al-jabriyya) avancent, ainsi que l’ont rapporté ar-Râzî et d’autres, l’argument suivant :
« Si Allah veut mettre un corps en mouvement tandis que le serviteur veut l’immobiliser, quatre issues seulement sont concevables :

  1. Les deux volontés sont empêchées simultanément. C’est impossible, car l’obstacle qui fait échouer la volonté de l’un n’est autre que la réalisation de la volonté contraire ; si elles étaient l’une et l’autre empêchées, elles se réaliseraient donc toutes deux, ce qui est absurde.
  2. Les deux volontés se réalisent ensemble. C’est également impossible.
  3. L’une des deux seulement se réalise. Cela est inadmissible, car les deux puissances sont, à l’égard de cet acte unique, égales quant à leur capacité d’influer de façon autonome ; or une chose unique, en vérité, n’admet aucune gradation. Les deux puissances, pour ce qui est de faire exister cet acte, se tiennent donc à égalité ; les éventuelles différences ne relèvent que d’éléments extérieurs à cette question et, dès lors, tout privilège accordé à l’une plutôt qu’à l’autre devient impossible. »

On répond :
« Cet argument est invalide pour l’une comme pour l’autre des deux écoles. »

Quant aux Ahl as-Sunna, ils tiennent pour impossible qu’Allah veuille le mouvement d’un corps tout en faisant que le serviteur veuille l’immobiliser alors que celui-ci en a la capacité ; en effet, une volonté ferme, jointe à la capacité, implique l’existence de l’acte voulu. Si donc le Seigneur faisait du serviteur un être qui le veuille et qui en ait la capacité, l’acte voulu par le serviteur se produirait nécessairement ; le serviteur désirerait alors l’existence de ce qu’Allah ne veut pas voir exister, et cela est impossible. Au contraire, lorsque Dieu veut l’existence d’une chose, Il fait en sorte que celui qui en est capable la veuille ; Il ne le fait pas vouloir ce qui contredit la volonté du Seigneur.

Ainsi, pour les Ahl as-Sunna, il est impossible qu’Allah veuille mettre un corps en mouvement tandis qu’Il fait du serviteur, capable d’agir, quelqu’un qui veuille l’immobiliser, car une volonté ferme, adossée à la capacité, implique

واحتج الجبرية بما ذكره الرازي وغيره بقولهم: إذا أراد الله تحريك جسم وأراد العبد تسكينه: فإما أن يمتنعا معاً، وهو محال، لأن المانع من وقوع مراد كل واحد منهما هو وجود مراد الآخر , فلو امتنعا معاً لوجدا معاً، وهو محال، أو لوقعا معاً، وهو محال، أو يقع أحدهما وهو باطل، لأن القدرتين متساويتان في الاستقلال بالتأثير في ذلك المقدور الواحد، والشيء الواحد حقيقة لا تقبل التفاوت فإذن القدرتان بالنسبة إلي اقتضاء وجود ذلك المقدور علي السوية، وإنما التفاوت في أمور خارجية عن هذا المعني، وإذا كان كذلك امتنع الترجيح. فيقال: هذه الحجة باطلة علي المذهبين. وأما أهل السنة فعندهم يمتنع أن يريد الله تحريك جسم، ويجعل العبد مريداً لأن يجعله ساكناً مع قدرته علي ذلك، فإن الإرادة الجازمة مع القدرة تستلزم وجود المقدور، فلو جعله الرب مريداً مع قدرته لزم وجود مقدوره، فيكون العبد يشاء مالا يشاء الله وجوده، وهذا ممتنع، بل ما شاء الله وجوده يجعل القادر عليه مريداً لوجوده، لا يجعله مريداً لما يناقض مراد الرب. أما أهل السنة فعندهم يمتنع أن يريد الله تحريك جسم، ويجعل العبد مريداً لأن يجعله ساكنا مع قدرته علي ذلك، فإن الإرادة الجازمة مع القدرة تستلزم

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