Jahm et ses partisans, les jabriyya, ont soutenu que cet acte relève de la puissance du Seigneur, non de celle du serviteur.
De même, al-Ashʿarî et ses disciples ont affirmé que la cause efficiente en est exclusivement la puissance du Seigneur, à l’exclusion de la puissance du serviteur.
Les muʿtazilites ont objecté : si l’acte relevait de la puissance de l’un et de l’autre, il s’ensuivrait que, lorsque l’un le veut et que l’autre le déteste – par exemple si le Seigneur veut le mouvement et que le serviteur le répugne –, l’acte devrait à la fois exister et ne pas exister. En effet, ce qui est à la portée d’un agent se réalise dès que ses mobiles sont réunis et demeure inexistant lorsqu’intervient un facteur dissuasif. Ainsi, si l’acte était à la fois du ressort du serviteur et de Dieu, lorsque Dieu voudrait qu’il se produise alors que le serviteur s’y opposerait, il faudrait qu’il existe – les mobiles étant réunis – et qu’il n’existe pas – le facteur dissuasif étant là –, ce qui est impossible.
Les jabriyya ont répondu à cela par l’argument rapporté par Fakhr al-Dîn al-Râzî : le maintien du néant en présence d’un facteur dissuasif n’est nullement absolu ; il n’est obligatoire que s’il ne survient aucun autre facteur autonome pour produire l’existence.