Pour éclaircir cela, posons d’abord un principe fondamental :
Lorsqu’on affirme que deux preuves se contredisent – qu’elles soient toutes deux scripturaires, toutes deux rationnelles, ou que l’une soit scripturaire et l’autre rationnelle –, il faut raisonner comme suit :
Première éventualité : les deux preuves sont certaines ; deuxième : les deux sont conjecturales ; troisième : l’une est certaine et l’autre conjecturale.
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Si les deux preuves sont certaines, leur opposition est impossible, qu’elles soient rationnelles, scripturaires, ou mêlées. Tous les gens doués de raison en conviennent, car une preuve certaine impose nécessairement la réalité de ce qu’elle établit : il est inconcevable que son indication soit vaine. Dès lors, prétendre qu’il existe deux preuves certaines dont les contenus s’annulent reviendrait à réunir deux contraires, chose absurde. Chaque fois que l’on croit déceler une contradiction entre preuves réputées certaines, il faut conclure que les deux preuves, ou l’une d’elles, ne sont pas véritablement certaines, ou encore que les contenus qu’elles portent ne sont pas réellement contradictoires. Quand les contenus sont effectivement contradictoires, la confrontation de preuves certaines est, par principe, impossible.
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Si l’une des deux preuves seulement est certaine et l’autre conjecturale, la preuve certaine l’emporte nécessairement – qu’elle soit scripturaire ou rationnelle –, car la conjecture ne prime jamais sur la certitude.
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Si, enfin, les deux preuves sont toutes deux conjecturales, on recourt aux critères de pondération pour déterminer laquelle prévaut ; celle qui l’emporte est alors retenue, qu’elle relève du scripturaire ou du rationnel.