D’autres se sont appuyés sur la supplication du Khalîl — Abraham, sur lui la paix :
« Seigneur, fais de moi quelqu’un qui accomplit assidûment la prière, ainsi que de ma descendance » (Ibrâhîm, 14 : 40),
ainsi que sur sa parole :
« Notre Seigneur, fais de nous deux des soumis à Toi et, de notre descendance, une communauté entièrement soumise à Toi » (Al-Baqarah, 2 : 128).
La réplique d’al-Awzâʿî est plus solide que celle d’az-Zubaydî : ce dernier nie la contrainte (jabr), tandis qu’al-Awzâʿî se contente d’en proscrire l’emploi sans réserve. En effet, le terme peut porter un sens correct ; le rejeter sans distinction risquerait donc d’exclure à la fois le vrai et le faux.
Al-Khallâl rapporte encore ce qu’ʿAbd Allâh b. Aḥmad a consigné dans son ouvrage As-Sunnah :
« Nous a rapporté Muḥammad b. Bakkâr, nous a rapporté Abû Maʿshar, nous a rapporté Yaʿlâ d’après Muḥammad b. Kaʿb, lequel a dit : “S’Il a été nommé al-Jabbâr (Le Contraignant), c’est parce qu’Il contraint les créatures à ce qu’Il veut.” »
Ainsi, s’abstenir d’employer un terme global, équivoque et sujet à confusion dissipe le risque encouru ; cette réserve est préférable à sa négation pure et simple. Car, si l’expression laisse apparemment entendre un sens corrompu, on redoute qu’en la niant on fasse disparaître les deux acceptions, la saine comme la viciée.
Il en va de même de la négation de la « capacité » (ṭâqa) attribuée au destinataire d’un ordre : affirmer la contrainte dans ce qui est prohibé est comparable au refus d’admettre la capacité dans ce qui est prescrit. Tel était, en substance, l’enseignement de l’imâm Aḥmad et des autres imams de la Sunna.