Ils détournent les paroles de leur véritable sens et abusent les simples d’esprit par les ambiguïtés dont ils les enveloppent. C’est pourquoi les partisans du « jabr » – la contrainte – furent rangés, eux aussi, sous l’appellation infamante de « qadariyya », parce qu’ils se sont aventurés à discourir du destin d’une manière fallacieuse ; et c’est précisément là la raison essentielle pour laquelle les qadariyya furent blâmés.
À ce propos, l’imâm Abû Bakr al-Khallâl, dans son Kitâb al-Sunnah, intitula un chapitre : « Réfutation des qadariyya et de leur parole : “Dieu a contraint les serviteurs à commettre des actes de désobéissance.” » Il y rapporte, par la voie de ‘Umar b. ‘Uthmân, d’après Baqiyyah b. al-Walîd :
« J’ai interrogé al-Zubaydî et al-Awzâ‘î à propos du jabr. »
Al-Zubaydî répondit : « Le commandement de Dieu est trop sublime, Sa puissance trop immense pour qu’Il contraigne ou rende l’affaire inextricable. Il décrète et prédestine, Il crée et façonne Son serviteur selon ce qu’Il veut. »
Al-Awzâ‘î, de son côté, dit : « Je ne connais aucun fondement au jabr dans le Coran ni dans la Sunna ; je me refuse donc à le dire. Ce que l’on y trouve, c’est le décret (qaḍâ’), la prédestination (qadar), la création et la formation (jabl). Voilà ce qui est attesté dans le Coran et dans les hadiths du Messager de Dieu, que la prière et la paix soient sur lui. Si j’ai formulé cette précision, c’est seulement pour qu’aucun homme, parmi les Tâbi‘ûn, membre de la Communauté et animé de la foi, ne succombe au doute. »