ne s’applique pas à l’impuissant qui, même animé de la volonté d’agir, n’en aurait pas la capacité ; il confond ainsi deux situations que la raison et la religion distinguent d’emblée. Voilà l’un des foyers de polémique entre les qadariyya et leurs frères, les jabariyya.
Une fois cela établi, l’affirmation absolue selon laquelle Dieu imposerait aux serviteurs ce qui dépasse leur pouvoir est une innovation tardive dans l’Islam, tout comme l’est la prétention que les hommes seraient contraints dans leurs actes. Les Pieux Prédécesseurs et les imams de la communauté ont unanimement rejeté ces deux opinions—non qu’ils renient le fait que tout ce qui existe relève de la volonté divine. Ils ont déclaré : « Vous répondez à une innovation par une autre, opposez le corrompu au corrompu, la fausseté à la fausseté. » Si la brièveté de cette réponse ne me contraignait pas, je rapporterais leurs paroles textuelles montrant la réfutation qu’ils en ont faite.
Si, en revanche, l’on précise l’intention de l’orateur, expose la vérité dans des termes où elle ne se confond pas avec l’erreur et distingue nettement le vrai du faux, cela relève du furqân, du discernement. Qui procède ainsi se trouve exempt des reproches adressés à ces gens que les imams ont décrits en ces termes : « Ils divergent au sujet du Livre, contredisent le Livre, s’entendent pour délaisser le Livre et ne s’expriment qu’au moyen de propos équivoques. »