Darʾ Taʿâroud al-ʿAql wa-n-NaqlIbn Taimiya

Réponse à la cinquième question

On répond :
Bien que cette formule ait suscité de vives discussions – certains la rejetant, d’autres l’approuvant –, il importe de savoir que la divergence réellement établie se ramène à deux cas :

  1. Premier cas : il s’agit d’une chose dont tous reconnaissent qu’elle est permise et qu’elle se produit effectivement, mais où l’on diverge quant au bien-fondé de la qualifier de « hors d’atteinte ».

  2. Second cas : il s’agit d’une chose unanimement jugée impossible à supporter ; les avis ne s’opposent que sur la possibilité qu’Allah en donne malgré tout l’ordre, non sur le fait qu’elle ne saurait de toute façon se réaliser.

Qu’il existe, en revanche, une affaire que les gens de science et de foi considèrent d’un commun accord comme irréalisable tout en débattant de l’éventualité qu’elle ait pourtant été prescrite – cela n’a jamais lieu d’être.

La controverse des théoriciens au sujet de la capacité

Ce premier type de divergence apparaît, par exemple, dans le débat entre les théologiens spéculatifs – qu’ils affirment ou qu’ils nient le décret divin – sur la capacité (istitaʿa) du serviteur, c’est-à-dire sa puissance et son aptitude : doit-elle impérativement accompagner l’acte et non le précéder ? Doit-elle au contraire le précéder ? Ou encore doit-elle être simultanée à l’acte tout en l’ayant précédé ?

Celui qui adopte la première hypothèse doit admettre que tout serviteur qui n’a pas exécuté ce qui lui est prescrit a été chargé de ce qu’il ne pouvait supporter, puisqu’il ne posséderait la capacité qu’au moment même de l’acte.

De là, l’avis correct – celui que retiennent les spécialistes les plus rigoureux parmi les théologiens, les juristes, les traditionnistes, les soufis et d’autres encore, conformément à l’enseignement du Coran – est que la capacité sur laquelle reposent l’ordre et l’interdiction, celle qui rend l’acte valable, n’a pas à être concomitante avec l’acte. En revanche, la capacité dont la présence entraîne nécessairement la réalisation de l’acte lui est, par essence, concomitante.

[الرد علي المسألة الخامسة] فيقال: هذه العبارة، وإن كثر تنازع الناس فيها نفياً وإثباتاً، فينبغي أن يعرف أن الخلاف المحقق فيها نوعان: أحدهما: ما اتفق الناس علي جوازه ووقوعه، وإنما تنازعوا في إطلاق القول عليه بأنه لا يطاق. والثاني: ما اتفقوا علي أنه لا يطاق، لكن تنازعوا في جواز الأمر به، ولم يتنازعوا في عدم وقوعه. فأما أن يكون أمر اتفق أهل العلم والأيمان علي أنه لا يطاق، وتنازعوا في وقوع الأمر به، فليس كذلك. [تنازع النظار في الاستطاعة] فالنوع الأول: كتنازع المتكلمين من مثبتة القدر ونفاته في استطاعة العبد، وهي قدرته وطاقته: هل يجب أن تكون مع الفعل لا قبله، أو يجب أن تكون متقدمة علي الفعل: أو يجب أن تكون معه، وإن كانت متقدمة عليه؟ . فمن قال بالأول، لزمه أن يكون كل عبد لم يفعل ما أمر به قد كلف مالا يطيقه إذا لم تكن عنه قدرة إلا مع الفعل، ولهذا كان الصواب الذي عليه محققو المتكلمين وأهل الفقه والحديث والتصوف وغيرهم مادل عليه القرآن، وهو أن الاستطاعة -التي هي مناط الأمر والنهي، وهي المصححة للفعل - لا يجب أن تقارن الفعل، وأما الاستطاعة التي يجب معها وجود الفعل فهي مقارنة له.

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