Il en est même dont la quasi-totalité des propos se présente ainsi, au point que chacun des deux débatteurs en vient parfois à revendiquer, comme connaissance certaine et intuitive, l’exact opposé de l’affirmation de l’autre.
Pour détailler la question : tout ce pour quoi Allah a prescrit la science et la certitude demeure soumis à l’obligation qu’Il a Lui-même imposée, comme Il le dit :
« Sachez qu’Allah est dur en châtiment, et qu’Allah est Pardonneur, Miséricordieux » (Al-Mâ’ida, 98),
et :
« Sache donc qu’il n’est point de divinité en dehors d’Allah, et implore le pardon pour ton péché » (Muhammad, 19).
De même, il faut croire en tout ce qu’Allah a rendu obligatoire de croire. Or la Loi a établi que tout devoir est lié à la capacité du serviteur, conformément à Sa parole :
« Craignez Allah dans la mesure de vos moyens » (At-Taghâbûn, 16),
et à la parole du Prophète — que la prière et la paix soient sur lui : « Lorsque je vous ordonne quelque chose, accomplissez-en ce que vous pouvez » (rapporté par al-Bukhârî et Muslim).
Ainsi, nombre de questions subtiles sur lesquelles la communauté s’est divisée demeurent, pour beaucoup de gens, obscures ; ils ne disposent ni d’une preuve scripturaire ni d’un autre argument capable de leur procurer la certitude. Dans ce cas, il ne leur est pas imposé ce qu’ils ne sont pas en mesure d’accomplir, et il ne leur est pas demandé d’abandonner l’opinion qui l’emporte dans leur esprit faute de certitude pleine et entière. Au contraire, c’est précisément là le maximum qu’ils puissent atteindre, surtout si cette opinion concorde avec la vérité. Une croyance conforme à la vérité profite à son auteur : elle lui vaut récompense et, s’il ne peut accéder à davantage, elle suffit à remplir l’obligation qui lui incombe.