par cet indice, à savoir la volonté.
Ils ont ensuite divergé au sujet de cette volonté :
– Certains ont dit qu’il s’agit de la volonté de l’acte prescrit ; ainsi, lorsque quelqu’un dit : « Accomplis » et qu’il entend par là la réalisation de l’acte en question, cela devient un ordre ; si cette intention est absente, il ne s’agit pas d’un ordre.
– D’autres ont estimé qu’il faut réunir deux volontés : la volonté de l’acte prescrit et la volonté que l’énoncé même soit un ordre.
– D’autres encore ont exigé trois volontés.
Nous n’examinons pas ici cette ramification, car elle découle de leurs doctrines particulières ; notre divergence avec eux porte sur le principe même : l’énoncé devient-il un ordre par sa seule formulation ou grâce à un indice contextuel qui l’accompagne ?
Al-Ashʿarî et ceux qui le suivent soutiennent que l’ordre est un sens (maʿnâ) subsistant dans l’âme de celui qui ordonne ; il ne se sépare ni ne s’écarte de l’essence. Selon lui, il en va de même pour toutes les autres catégories de parole — prohibition, affirmation, interrogation, etc. : tous ces sens résident dans l’essence sans jamais la quitter, tout comme la puissance ou la science. Sous ce rapport, l’ordre d’Allâh — exalté soit-Il — et l’ordre des êtres humains sont semblables, sauf que l’ordre divin est éternel, tandis que l’ordre humain est créé. Quant aux énoncés et aux sons, ils ne constituent, à leurs yeux, ni ordre ni prohibition ; ils n’en sont que l’expression.
Il dit encore :
« Ibn Kullâb — ʿAbd Allâh b. Saʿîd al-Qaṭṭân — affirmait qu’il s’agit d’une “représentation fidèle” (ḥikâya) de l’ordre. Abû al-Ḥasan al-Ashʿarî le contesta, déclarant : “Il n’est pas permis de dire que c’en est une représentation, car la représentation doit être identique à la chose représentée ; il s’agit plutôt d’une expression (ʿibâra) de l’ordre subsistant dans l’âme.” Leur position s’est ainsi fixée.
Si telle est, en vérité, leur doctrine, il n’est pas concevable qu’il subsiste entre eux et nous un désaccord réel.