qu’ils profèrent une parole et vouent à la mécréance celui qui la profère. Ce phénomène se rencontre chez nombre d’entre eux dans une même situation, parce qu’ils ne prennent pas garde à la contradiction des deux assertions ; on le rencontre également dans des situations successives, la divergence de leur regard et de leur ijtihâd y jouant son rôle.
La raison en est ce qu’ont introduit les tenants de l’athéisme et de l’égarement : des termes ambigus dont celui qui les entend s’imagine qu’ils ne renferment que la vérité, alors qu’ils contiennent à la fois vérité et fausseté. Quiconque ne les scrute pas minutieusement ou ne demande pas d’explication à celui qui les emploie – comme le faisaient les Anciens pieux et les imâms – devient, sans s’en rendre compte, contradictoire, innovateur et égaré.
Nombreux sont ceux qui se sont exprimés au moyen de ces expressions équivoques et innovées – tels les mots « corps » (jism), « substance » (jawhar), « accident » (‘araḍ), « survenue d’événements » (ḥulûl al-ḥawâdith) et autres – tout en pensant, par cette démarche, défendre l’Islam et établir la connaissance d’Allâh ainsi que la véracité de Son Messager ; mais il en est résulté de leur part des erreurs et des égarements qui en furent la conséquence.
Telle est la condition des gens de l’innovation, comme les Khârijites et leurs semblables : l’innovation n’est jamais une vérité pure, parfaitement conforme à la Sunna – car, si tel était le cas, elle ne serait pas fausse –, pas plus qu’elle n’est une fausseté pure, dénuée de toute part de vérité – car, si tel était le cas, elle ne serait pas passée inaperçue auprès des gens. Elle renferme plutôt un mélange de vérité et de fausseté,
aussi celui qui la professe mêle-t-il le vrai au faux : soit par erreur et méprise, soit délibérément, mû par l’hypocrisie et l’athéisme qu’il recèle.