Al-Bâjî adopta donc la méthode d’Abû Jaʿfar al-Samanânî, le ḥanafite, compagnon du Qâḍî Abû Bakr ; puis, après lui, le qâḍî Abû Bakr Ibn al-ʿArabî entreprit le voyage et se conforma à la méthode d’Abû al-Maʿâlî exposée dans l’« Irshâd ».
Or, il n’est aucun de ces hommes qui ne compte dans l’Islam des efforts louables et des œuvres agréées ; tous ont, par leurs réfutations de nombreux athées et innovateurs et par leur défense de maints adeptes de la Sunna et de la religion, des mérites connus de quiconque examine leur situation avec science, sincérité, justice et équité. Cependant, lorsque ce fondement – emprunté à l’origine aux Muʿtazila – leur devint obscur, ces hommes vertueux et doués de raison jugèrent nécessaire d’en poursuivre la logique et d’en assumer toutes les conséquences ; il en résulta, dans leurs propos, des assertions désavouées par les musulmans parmi les gens de science et de piété.
De là, les positions à leur égard se sont divisées : certains les vénèrent, en raison de leurs qualités et vertus, d’autres les blâment pour les innovations et les faussetés qui se sont glissées dans leurs discours ; or, la meilleure voie est celle du juste milieu.
Et cela n’est pas propre à ces hommes-là ; un phénomène analogue est survenu chez divers groupes de savants et de croyants. Allâh – Très-haut – accueille les bonnes actions de tous Ses serviteurs croyants et leur pardonne leurs manquements : « Ô notre Seigneur, pardonne-nous ainsi qu’à nos frères qui nous ont précédés… »