Il existe sur ce point deux avis, et ses ouvrages en témoignent abondamment. Malgré cela, les gens de science ont parlé de lui, ainsi que de sa méthode – dont cette question constitue le fondement –, et en faire la description serait fort longue, tout comme d’autres, avant eux, avaient parlé d’Ibn Kullâb et de ceux qui l’avaient suivi.
Abû Ismâʿîl al-Anṣârî a ainsi rapporté :
« J’ai entendu Aḥmad b. Abî Râfiʿ – ainsi qu’un groupe de personnes – évoquer la grande sévérité d’Abû Ḥâmid, c’est-à-dire al-Isfarâyinî, à l’encontre d’Ibn al-Bâqillânî.
J’ai moi-même transmis la lettre d’Abû Saʿd à son fils Sâlim, à Bagdad : “Si tu veux retourner à Harât, n’approche pas al-Bâqillânî.” »
Il poursuivit :
« J’ai encore entendu al-Ḥusayn b. Abî Umâma al-Mâlikî dire : J’ai entendu mon père dire : “Qu’Allâh maudisse Abû Dharr al-Harawî ; c’est lui qui, le premier, introduisit le kalâm dans le Ḥaram et le premier qui le diffusa chez les Maghrébins.” »
Je dis :
Abû Dharr est pourtant connu pour sa science, sa piété, sa parfaite connaissance du ḥadîth et de la Sunna, pour s’être consacré à la transmission du Ṣaḥîḥ de al-Bukhârî d’après ses trois maîtres, ainsi que pour bien d’autres qualités et vertus. Il était venu de Harât à Bagdad, adopta la méthode d’Ibn al-Bâqillânî et la transporta jusqu’au Ḥaram. Dès lors, certains l’ont critiqué, lui et sa méthode, tels Abû Naṣr al-Sijzî, Abû al-Qāsim Saʿd b. ʿAlî al-Zanjânî et d’autres éminents savants et hommes de religion – ce n’est pas ici le lieu d’en détailler les propos. Il figurait parmi ceux qui donnaient la préférence à la voie de al-Ṣabghī et de al-Thaqafī sur celle d’Ibn Khuzayma et de semblables parmi les gens du ḥadîth.
Les gens du Maghreb avaient coutume d’accomplir le ḥajj ; ils se réunissaient alors autour de lui, recevaient de lui le ḥadîth ainsi que cette méthode, il leur en indiquait l’origine, et certains d’entre eux prenaient ensuite la route de l’Orient, comme le fit Abû al-Walīd