Al-Bâqillânî – c’est à cause de ce principe qu’il adopta que survinrent pour lui d’autres affaires ; à cause de cela encore, le shaykh Abû Ḥâmid, le shaykh Abû ʿAbd Allâh b. Ḥâmid ainsi que d’autres savants d’Irak, du Khurâsân, du Shâm, du Ḥijâz et d’Égypte se dressèrent contre lui. Et pourtant, il possédait d’immenses vertus, de nombreux mérites et des réfutations marquantes contre les zindîqs, les athées et les innovateurs. De fait, nul, parmi ceux qui se réclamaient d’Ibn Kullâb et d’al-Ashʿarî, n’était plus éminent que lui, ni ne rédigea d’ouvrages meilleurs et plus soignés ; c’est par son intermédiaire que cette opinion se propagea. Il se réclamait de l’imâm Aḥmad, des gens de la Sunna, des gens du ḥadîth et des Pieux Prédécesseurs,
se réclamant en même temps de Mâlik, d’al-Shâfiʿî et d’autres imâms, au point qu’il signait parfois ses réponses ainsi : « Muḥammad b. al-Ṭayyib al-Ḥanbalî ». Entre lui et Abû al-Ḥasan al-Tamîmî, sa famille et d’autres Tamîmî, existaient des liens d’alliance et d’affection bien connus, comme il en a été fait mention plus haut ; c’est pourquoi la majorité des Tamîmî adoptèrent ses fondements doctrinaux.
Lorsque Abû Bakr al-Bayhaqî composa son ouvrage portant sur les mérites de l’imâm Aḥmad – or Abû Bakr al-Bayhaqî s’accorde avec Ibn al-Bâqillânî dans ses principes – il y cita la croyance d’Aḥmad telle que l’a consignée Abû al-Faḍl ʿAbd al-Wâḥid b. Abî al-Ḥasan al-Tamîmî ; celle-ci est proche des fondements du Qâḍî Abû Bakr.
On rapporte encore à son sujet que, lorsqu’il exposait une question de kalâm selon les principes d’Ibn Kullâb et d’al-Ashʿarî, il disait : « Voici ce qu’a évoqué Abû al-Ḥasan ; je vous l’explique, mais cette question ne m’est pas encore apparue clairement. » De lui, on transmit donc qu’il suspendait son jugement à ce propos, comme il le faisait dans plusieurs autres questions.