Le cheikh Abû al-Hassan déclara :
« J’ai entendu le jurisconsulte, l’imâm Abû Manṣûr Saʿd ibn ʿAlî al-ʿAjlî dire : “J’ai entendu plusieurs maîtres et imâms à Bagdad – je pense que le cheikh Abû Isḥâq al-Shîrâzî était l’un d’eux – raconter qu’Abû Bakr al-Bâqillânî se rendait au bain public le visage voilé, par crainte du cheikh Abû Ḥâmid al-Isfarâ’înî.” »
Le cheikh Abû al-Hassan ajouta :
« L’extrême sévérité du cheikh Abû Ḥâmid à l’égard des gens du kalâm est bien connue ; il alla jusqu’à distinguer les fondements du fiqh de l’Imâm al-Shâfiʿî de ceux d’al-Ashʿarî, distinction que transmit Abû Bakr al-Zâdhqânî. À mon sens, le cheikh Abû Isḥâq al-Shîrâzî a suivi cette voie dans ses deux ouvrages, al-Lumaʿ et at-Tabsira : chaque fois que l’opinion d’al-Ashʿarî coïncidait avec l’un des avis de nos compagnons, il la signalait en disant : “C’est l’avis de certains de nos compagnons, et c’est ce qu’ont soutenu les Ashʿarites”, sans toutefois les compter parmi les disciples d’al-Shâfiʿî. Ils se tenaient à l’écart d’eux et de leur doctrine en matière d’Usûl al-Fiqh, et a fortiori en matière d’Usûl ad-Dîn. »
Je dis :
Ce qui est rapporté ici du cheikh Abû Ḥâmid et de ses pairs parmi les grands savants shâfiʿites (les “gens d’avis”) est bien connu dans leurs ouvrages consacrés aux fondements du fiqh et ailleurs. Le cheikh Abû Ḥâmid, le qâḍî Abû Ṭayyib, Abû Isḥâq al-Shîrâzî et d’autres ont fait état de la divergence de l’Imâm al-Shâfiʿî et des autres imâms avec la position d’Ibn Kullâb et d’al-Ashʿarî sur la question de la Parole divine, point qui distingua Ibn Kullâb et al-Ashʿarî des autres. Quant aux autres questions, Ibn Kullâb et al-Ashʿarî n’y ont aucune