Abû Bakr ibn al-ʿArabî établit, quant à lui, une autre règle, fondée sur la méthode d’Abû l-Maʿâlî et de ceux qui l’avaient précédé, tels que le juge Abû Bakr al-Bâqillânî.
Or chaque groupe, à l’image des précédents, forge pour son propre compte une règle relative à ce que les prophètes ont apporté de la part d’Allah : le principe qu’ils tiennent pour premier et décisif est ce qu’ils s’imaginent que leur raison a saisi, et ils subordonnent à ce principe les enseignements prophétiques. Tout ce qui concorde avec leur règle, ils l’agréent ; tout ce qui la contredit, ils s’en détournent.
Ceci rappelle le symbole que les chrétiens ont institué comme credo de leur foi, et auquel ils ont ramené les textes de la Torah et de l’Évangile. Toutefois, ce symbole repose sur ce qu’ils ont cru comprendre des paroles des prophètes ou sur ce qui leur est parvenu d’eux ; or ils se sont trompés soit dans leur compréhension, soit dans la crédibilité accordée au transmetteur,